Èva Gauthier, Pionnière du Chant Moderne en Amérique… ou la « Javanaise »

Èva Gauthier, à Java (1910-1914). On la voit ici porter une coiffe pour la danse javanaise.

Èva Gauthier, à Java (1910-1914). On la voit ici porter une coiffe pour la danse javanaise.

Il s’agit d’un spectacle qui fut présenté dans le cadre du Festival SuperMicMac consacré aux musiciennes pionnières canadiennes, le 30 octobre 2000.

Èva Gauthier est la première canadienne d’avant-garde, toutes catégories confondues. Figure de proue de la vie musicale new-yorkaise dans les années 20 et 30, cette chanteuse franco-canadienne, née à Ottawa, protégée d’Emma Albani, nous a fait découvrir George Gershwin et aura consacré sa carrière et son talent aux compositeurs de son temps.

Auparavant, un séjour prolongé à Java (1910-1914) aura été des plus significatifs dans sa démarche artistique exceptionnelle. Il lui insuffla un intérêt profond et continu pour le folklore de tous les pays. On peut aisément la prétendre précurseure du « World Music ». Par les temps qui courent, elle risquerait de se faire accuser d’appropriation culturelle alors que sa démarche, toute naturelle et spontanée, était en soi un véritable et sincère hommage à toutes ces cultures du monde entier. (Vous pourrez entendre deux extraits à la fin de cet article)

L’histoire d’une artiste fascinante racontée à travers quelque 45 histoires courtes, un bref éventail du gigantesque répertoire d’Èva Gauthier.

Dans cet hommage qu’elle lui rend, la mezzo-soprano Christine Lemelin vous invite à faire plus ample connaissance avec cette gloire nationale qui mérite mieux que l’oubli dont elle fait l’objet dans son propre pays.

Remerciements :
– Je tiens d’abord à remercier feu Gaston Germain qui, connaissant mon penchant pour la théâtralisation de mes programmes de concert, m’a donné l’impulsion de créer une oeuvre dans cette voie sur la carrière d’Èva Gauthier, et ce, à partir de la thèse de doctorat1 de Nadia Turbide, présentée à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, thèse sur laquelle M. Germain avait été lui-même membre du jury;
– En second lieu, Nadia Turbide pour son ouverture d’esprit, sa disponibilité et sa charmante complicité dans le partage et l’historique de ses étonnantes découvertes pour l’accessibilité à ces précieux documents, cela dans un objectif artistique;
– Le ministère de la Culture du Québec pour m’avoir accordé une bourse en Recherche et développement. Elle permit de me rendre à la New York Public Library, où se trouve son fonds d’archives de partitions originales et photographies, entre autres, ainsi qu’aux Archives nationales du Canada, à Ottawa, où j’ai pu prendre connaissance d’autres artéfacts, tout particulièrement ses enregistrements sonores. J’ai ainsi pu me faire une idée plus juste de sa voix et de son approche musicale;
Jody Diamond, de l’American Gamelan Institute — toujours grâce à cette bourse, avec qui j’ai pu me familiariser un peu avec le chant, les mouvements, la musique de gamelan javanais, ainsi que du port du costume et des accessoires utilisés en spectacle;
– Enfin, Danielle Palardy Roger, de SuperMusique, qui a cru en mon projet au sein du Festival SuperMicMac.

1- Turbide, Nadia. Biographical Study of Eva Gauthier, Université de Montréal, 1986.

Résumé du programme :
Par ici on Jazz!
Oeuvres de George Gershwin et John Alden Carpenter

La célébration de l’imaginaire – enfance/orient/folklore
Oeuvres de Bainbridge Crist, Carl Engel et Igor Stravinsky

Moderne « pur et dur »
Oeuvre de Alban Berg

Un clin d’oeil contemporain
Le Rap du « Name-Dropping » de Christine Lemelin – Création*

L’exotisme : Java et l’Orient
Oeuvres de Paul Seelig, Charles T. Griffes, Norman Peterkin, Cyril Scott
et Alexander Steinert

Vive la France!
La « ménagerie » de Maurice Ravel et de Francis Poulenc
L’orientalisme avec Claude Debussy
Et la musique de cabaret d’Éric Satie

De retour aux sources
Traditionnel canadien

Pour consultation du programme intégral
Pour d’autres photos

N.B. :
La copie que j’ai utilisée en spectacle de Un Canadien errant, fournie par les Archives nationales du Canada, est parfaitement intacte, contrairement à celle-ci qui semble, elle, provenir de la Library of Congress; la New York Public Library, où se trouve son fonds d’archives, ne possède pas de documents sonores.
*Audio à venir

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