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Berlin-Est, août 1974

Fin d’un long séjour en Allemagne pour y étudier la langue, à Kassel — d’une académie d’Ottawa, puis voyager sur le pouce avec ma nouvelle amie (qui l’est toujours), Margaret (que tous appellent Lola sauf moi!), à travers l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.

Berlin-Est, la journée achève. Il fait gris. Nous avons visité la merveilleuse Pinacothèque mais le reste de la ville fait peur un peu… De plus, je me fais regarder de travers à cause de mes blue jeans. Quiconque me connaît ne m’aura probablement à ce jour jamais vue en porter…

Il fait triste aussi. Nous sommes près de la gare pour le retour à l’auberge de jeunesse dans Charlottenburg. Voilà qu’une vieille dame nous accoste pour nous dire qu’elle doit dépenser ses Marks avant de retourner à l’Ouest — une somme minimale/maximale devait y être dépensée par jour. Elle visitait sa soeur, elle, restée à l’Est… Je n’ai plus souvenir de ce qu’elle nous racontait, mais il y avait beaucoup de tristesse due à cette séparation. Mon souvenir bien lointain me croit rappeler qu’elle nous a offert une boîte de chocolats, que nous aurions mangés ensemble, du moins en partie.

Une vieille dame charmante, qui s’exprimait assez bien pour que nous la comprenions (cela faisait tout de même près de trois mois que nous étions dans les parages!). Je ne me rappelais pas avoir échangé nos adresses…
Je fais beaucoup de ménage dans mes archives en ce moment. Ayant conservé absolument tout mon courrier, voilà que je tombe sur deux cartes, dont une pour Noël, que Frau Gertrude Hennig m’a envoyée (1976!).

Quelle émotion! Cette vieille petite dame qui m’écrivait au retour d’une visite chez sa soeur pour Noël, laquelle venait d’avoir 88 ans! Je déchiffre tant bien que mal cette belle écriture propre aux Allemands. J’en ressens encore toute la tristesse qui s’en dégage, et du plaisir que cette dame prend à m’écrire, me priant de lui donner de mes nouvelles. Honnêtement, je ne peux pas croire que je ne lui aurais pas répondu… Je suis du genre fidèle. Mais avec le temps et l’éloignement…
R.I.P., beau et charmant souvenir!

Gertrude Hennig-Berlin,1974

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