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Couvent de Sainte-Famille, 340 ans!

Dimanche, 18 août 1985, c’était fête en l’église de Sainte-Famille, I.O., pour célébrer et commémorer en quelque sorte le tricentenaire de la fondation de ce couvent, fréquenté par de nombreuses filles* qui vivaient bien au-delà des frontières de l’île.

Un récital eut lieu, titré « Concert lyrique », qui présentait deux personnalités identifiées momentanément à la paroisse. Il s’agit de Claude Létourneau et moi-même.

Étrangement, le programme, qui mentionne pourtant une « Amicale Marguerite-Bourgeois 1685-1985 », parle de l’église, toutefois sans mentionner le couvent…

Fille de Joseph-Napoléon Lemelin, commerçant bien connu (machines aratoires et voitures GM, et barbier du dimanche à ses heures), et de Bernadette Morency, nous vivions alors en face de la Boulangerie Blouin.
Claude Létourneau, baryton, né à Montréal, était le fils d’Alphonse Létourneau et Madeleine Prémont, tous deux natifs de Sainte-Famille.

Pour la petite histoire, bien que ma grand-mère paternelle s’appelait Odile Létourneau, notre lignée est trop éloignée pour que Claude fût de ma parenté directe. Or, son épouse, Gabrielle Morency, soprano et professeure de musique, était cousine germaine de papa, sa mère Éléonore ayant été soeur de ma grand-mère Odile. C’est chez mes parents — Gabrielle étant venue passer des vacances à l’île — que ces deux musiciens se sont rencontrés…
Tout comme Thérèse Drouin-Jobin, soprano et notamment épouse du célèbre ténor Raoul Jobin, était aussi cousine germaine de mon père, fille d’une autre Éléonore (si je ne m’abuse)…

Claude passait régulièrement ses étés à l’île et participait volontiers aux cérémonies religieuses dirigées à l’orgue par mon grand-oncle Eudore Létourneau, également maître de chapelle, si mes informations sont exactes.
D’ailleurs, son magnifique harmonium fut exposé à La Maison de nos Aïeux (l’est-il toujours? Il l’était, en 2011, aux funérailles de mon père en cette église).

Des photos amateures de qualité, disons, ordinaire, ignorent la présence de notre accompagnatrice, Marjorie Tanaka, qui est retournée vivre dans son pays d’origine, la Colombie.

Petite anecdote qui m’a fait bien plaisir. J’ai fréquenté ce couvent seulement pour ma première année scolaire (déménagement prévu à Saint-Pierre, là où était le commerce de papa). Soeur Sainte-Camille (j’ignore son véritable nom) était mon professeur et elle m’avait fait incarner un ange pour la séance de Noël. Quelle ne fut pas ma joie lorsqu’elle s’est présentée à moi à l’issue du récital! Bien entendu, elle ne devait probablement pas se souvenir de moi, sur une si brève période et plus de vingt ans plus tard. Mais les religieuses ont toujours bien tenu leurs archives. Elle a sans doute dû aller s’enquérir de « qui est donc cette fille qui se dit de Sainte-Famille?! » 🙂

Quoiqu’il en soit, j’éprouve toujours un sentiment d’appartenance empreint d’émotions, chaque fois que l’occasion m’est offerte de venir chanter en cette église, d’autant plus que mes parents sont désormais enterrés au cimetière paroissial.

*Je me souviens d’une jeune fille qui était pensionnaire chez nous du nom d’Huguette Roy.