Archives du mot-clé Christine Lemelin

C’était il y a 40 ans…

23 mai 1980 :
Récital de fin de maîtrise en Interprétation-chant, Université de Montréal.

Événement des plus importants et significatifs pour tout aspirant à la profession musicale classique.

Cela fait plus d’un an que je numérise, à temps perdu, mes archives scolaires et professionnelles audio sur bobines et sur cassettes. Une entreprise immensément délicate et hasardeuse, faite d’essais-erreurs, compte tenu du temps passé et des conditions d’entreposage.

Honnêtement et humblement, je n’en reviens pas de la qualité vocale et d’interprétation qui fut mienne. Une voix limitée dans les aigus, certes, mais une voix juste et une interprétation remplie d’esprit et de dynamisme ainsi qu’une rigueur musicale incontestable.

Comme je n’avais jamais ré-entendu tout ça jusqu’à maintenant, je n’arrive toujours pas à comprendre l’entêtement de mon professeur d’alors d’avoir tout fait pour m’empêcher de poursuivre dans mes ambitions musicales, et ce, par des intrigues indignes d’une personne de son statut. S’étant mythifiée de son vivant, elle était passée maître dans la démolition sans borne et injuste des prétendants qui ne rencontraient pas ses critères esthétiques.

Le rôle d’un professeur n’est-il pas de développer l’estime et la confiance en soi d’un élève qui nous a choisi? Encore faut-il l’aimer…
Pour seul compliment pendant toutes ces années : « Tu es le modèle parfait de la persévérance »…

J’aurai passé le reste de mon existence — avec force rage et insomnies — en quête de ma vraie voix et de ma vraie voie, et récupérer un semblant d’estime et de confiance en moi ainsi qu’en mon talent, celui-ci pourtant reconnu.

De cette maîtrise, je disais à qui voulait l’entendre qu’on me l’avait accordée par charité, tellement j’étais devenue complexée parce que comparée à tout le monde. Or, à force d’écouter l’enregistrement de ce récital, force est d’admettre que Gaston Germain, membre du jury, avait raison de me l’accorder. Et, l’ayant adopté plus tard pendant quelque temps comme professeur, il n’avait cesse de me dire que j’avais une belle voix, moi, n’arrivant toujours pas à le croire, malgré mes succès… J’avais encore des croûtes à manger pour soigner cette voix (et l’âme!!!) si mal dirigée depuis mon adolescence.

Je n’ai pas tout résolu mais c’est grâce à lui que j’ai réussi à comprendre des choses simples et fondamentales, particulièrement en me dirigeant vers un professeur éminent et reconnu, Vera Róza, à Londres, en 1989.

Ma combativité, la passion de la découverte et du faire-autrement-que-tout-le-monde qui m’animaient m’ont amenées vers une créativité dont je ne suis pas peu fière. Pour aboutir enfin à l’inattendu : la création de cet « Opéra-Chansons » qui fut créé presqu’à la même date, il y a maintenant 6 ans, en tant que auteure-compositrice-interprète, réalisatrice, conceptrice, etc.

Voici le programme dont je suis très fière. Particulièrement où la création de l’oeuvre de Claude Frenette, sur des poèmes de Nicole Desrosiers, Les Oiseaux de Verre, fut un précédent pour un récital de maîtrise. Précédent qui semble n’avoir jamais été reconduit — je n’ai pas fait mon enquête. Cette commande, une histoire qui mériterait un article à elle toute seule…

Comme le résultat de la numérisation n’est toujours pas disponible, je vous fais entendre ici la version selon l’instrumentation prévue (harpe au lieu du piano) de l’oeuvre de mon ami Claude Frenette, alors élève d’André Prévost, au baccalauréat, laquelle eut droit à un enregistrement pour l’émission Alternances et qui fut gravée peu après sur étiquette RCI-570. Le numéro 7 est véritablement la 3e pièce du cycle.

Mais encore : si ce retour dans la passé puisse me permettre la poursuite d’une reconstruction qui reste encore à finir, si jamais il est possible d’y arriver enfin…

Merci d’avoir lu jusqu’ici et bonne écoute.

Beau temps, mauvais temps ?

Vous vous lamentez du temps qu’il fait ?
Sachez qu’il y a quatre ans, l’exécrable, froid et pluvieux mois d’avril s’est incrusté jusqu’au 10 mai !
Le lendemain, dimanche de la fête des mères, fut le premier beau jour de l’année (ca. 30˚). Tout le beau monde s’est rué dans son jardin ou sur les terrasses. Normal, direz-vous.

Pourquoi je m’en souviens ?
Parce que ce 11 mai était jour de première pour la création de mon « Opéra-Chansons ».
Ce temps magnifique a été reconduit pour les 2 autres représentations (18 et 20)…

À rebours, bonne idée ? On ne peut jamais prédire.
Pour qui a une fan base, aucun problème. Dans le cas qui me préoccupe — ce projet qui a pris vingt années de ma vie –, je revenais à la vie professionnelle après un très long silence… et on ne m’attendait surtout pas là.

Mais sachez que ceux et celles qui m’ont fait l’honneur de venir au Bain Mathieu, où j’étais en résidence, ne furent pas déçus !

Voici d’humbles extraits de ce que vous avez raté…

Crédits photos : Michel Parent
Montage vidéo : Christophe Ducassy

 

Marie-Nicole Lemieux : Le beau chant véritable !

Dire que je l’envie est un euphémisme…

Hier soir, j’ai eu le grand plaisir d’assister au « spectacle classique » consacré à Baudelaire (c’est comme ça qu’on nous le présente et non un récital !), donné au Théâtre Outremont par Marie-Nicole Lemieux, en compagnie du pianiste Daniel Blumenthal et du comédien Raymond Cloutier, directeur artistique dudit théâtre.

L’envie ? Parfois, j’avais le cœur à l’envers d’entendre non seulement cette voix magnifique dotée d’un registre exceptionnel et sans failles, mais une chanteuse dont la maîtrise du souffle est tout simplement remarquable. Que dire des nuances, ces douceurs dans les aigus : ad-mi-ra-ble ! Des aigus et des pp qui m’ont tant fait défaut pour réussir dans ce métier si olympien.

Combien d’autres récitals du genre ai-je manqué ? MNL est une des rares chanteuses à qui l’on permet de présenter un répertoire aussi peu familier du public, voire même des connaisseurs. Moi-même, qui possède une collection plus qu’enviable, je connaissais à peine plus de la moitié des œuvres au programme. Il faut dire que mes intérêts on bifurqué depuis quelques temps.

Marie-Nicole Lemieux est véritablement une récitaliste, ce que ne sont pas forcément les chanteurs et chanteuses d’opéra qui, pour plaire au grand public (il semble que c’est désormais la norme), nous assaillent constamment d’airs d’opéras, comme s’il n’y avait pas suffisamment de beau répertoire, toutes langues confondues, à se mettre sous la dent. MNL en est la démonstration, sans même être obligée de faire la guignole, sa tenue en scène étant sobre et délicate.

Un bémol : le pianiste. Certes, monsieur Blumenthal est un excellent accompagnateur, épousant parfaitement la musicalité de l’interprète. Hélas, il est le portrait même du pianiste classique qui ne semble pas avoir assimilé tout l’éventail musical dès qu’il s’agit d’appréhender la chanson : nous avons eu droit à un plat repiquage d’une version piano de Léo Ferré dans Le Flacon. Tant qu’à avoir fait grands frais dans la conception de ce « spectacle » (je pense au costume de monsieur Cloutier), on aurait pu au moins investir dans un arrangement plus élaboré par les services d’un maître en matière « Ferré » : Philippe Noireaut. Comme ça m’a manqué !

Oh ! du beau chant, comme cela fait du bien. Ne serait-ce que pour CE genre de répertoire, il vaut encore la peine d’étudier le chant classique. Pour en faire carrière, c’est une autre histoire…

Photo: Nicole Bouchard

Trois jours…

Trois jours
pour
apaiser l’esprit
recentrer l’énergie
expulser le méchant
accorder l’instrument
harmoniser les vibrations
pour
être LÀ
se rencontrer
trouver
quoi…

Trois jours, c’est court
bien trop court…

« Keep it simple », me dit-il ce matin (Don Symanski)

5 ans déjà !

Oui, cinq ans, jour pour jour : Le lancement-web (faute de mieux !) de mon album WXWZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ».
Un jeudi, 25 août 2011, il pleuvait des cordes…

Je venais à peine d’entrer sur les réseaux sociaux. J’avais donc peu d’amis Facebook, encore moins de Fans de ma Page… Quant à Twitter… Ce qui fait que ça un peu passé dans le beurre… Néanmoins, très bien commenté par ceux et celles qui ont réussi à se le procurer.

Trame principale d’une œuvre dramatique formidable qui a été créée en mai 2014 : L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret pour lequel j’ai reçu beaucoup d’éloges.

Affiche_Opéra-Chansons'

Œuvre intemporelle s’il en est, je vous invite toujours à vous procurer l’album – à défaut de pouvoir assister cet opéra de chambre, pour le moment – par mes bons soins ou via le site Bandcamp.com.

Merci encore pour votre encouragement très apprécié, passé, présent et futur !

D’hier à hier…

J’ai longtemps hésité…

Voici donc ce que j’avais alors à proposer.

Oui, il était une fois, une chanteuse…
Voici quelques très courts extraits de la variété de son talent.
1- Griserie : La Périchole, Jacques Offenbach. Centre Léonard de Vinci, 2004 – arrangements : Denys Lavergne
2- Je voudrais être un chat… : Paroles et musique : Christine Lemelin. La Butte St-Jacques, avril 1997. Au piano : Bruno Fecteau
3- Faites gaffe, les filles ! : idem.
4- Extrait, 2 Chants malais, op. 24 : Paul Seelig – ÈVA GAUTHIER Pionnière du chant moderne en Amérique ou… La « Javanaise ». Les Productions « La Fille de l’Île ». Festival SuperMicMac en hommage aux musiciennes canadiennes innovatrices, Maison de la culture Frontenac, 30 octobre 2000. Au piano : Réjean Coallier
5- Dromadaire : Bestiaire ou le Cortège d’Orphée (Apollinaire), musique : Louis Durey – La Belle… et les bêtes, un zoopéra. Les Productions « La Fille de l’Île ». Septembre 1994, Salle Calixa-Lavallée. Au piano : Réjean Coallier
6- Sirène : idem.

Condamnée à vie ?!?

Errance, titre #5 de mon album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons », dans lequel je décris l’écœurement de la condition (qui fut la mienne) d’une jeune et jolie jeune femme dans ses errances citadines lors de moments de solitude extrême et de désœuvrement.

État qui semble perpétuel, figurez-vous ! Quelque vingt années plus tard, rien n’a l’air d’avoir changé : malgré mes cheveux blancs, oui, j’ai été cet après-midi, et ce, sans équivoque aucune, mais, oui, bel et bien suivie !

De bien douloureux souvenirs remontent à la surface… À la seule différence maintenant que je ne suis ni seule ni en état de désœuvrement.

Je pense surtout à « […] toutes ces femmes cachées, blessées, qui ont peur, peur de la vie, peur de l’amour… »*. © Christine Lemelin

Mais bien encore : à toutes ces fillettes, adolescentes, femmes en devenir…

* récitatif en introduction de la chanson Errance dans « L’Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret.