Archives du mot-clé Funérailles

Photo Michel Parent

Entretenir ses amitiés…

Facebook nous force un peu malgré nous à des voeux d’anniversaire, que l’on connaisse peu ou prou la personne à qui on les adresse.

Cette année plus particulièrement, cela me fait penser à mon père…

Vendeur d’automobiles (Chevrolet-Oldsmobile), il prenait la peine d’appeler absolument tous ses clients le jour de leur anniversaire. Sa seule sollicitation, semble-t-il — il m’avait déjà confié que jamais il n’a eu à faire le pied de grue dans le show-room (salle de montre). Même une fois à la retraite, il aura poursuivi cette habitude, cette gentillesse.

À ses funérailles, le 6 août 2011, l’église était bondée. Non seulement la famille, mais des clients, âgés pour la plupart, et qui m’ont témoigné de la chose. Même mon cousin Serge lui a fait une fleur d’arriver avec la première voiture que papa lui avait vendue et qu’il a conservée. Touchant!

Si je ne devais retenir que cela de lui…

Entretenir ses amitiés ne comble pas forcément la solitude, mais ça donne l’illusion que ce quelqu’un pense à nous…

MERCI pour vos bons voeux en cette journée d’anniversaire !
XXX

 

 

R.I.P. Gaston Germain

C’est avec une immense tristesse que j’apprenais ce matin le décès de Gaston Germain.
Parce qu’il n’était muni d’absolument aucun préjugé à mon endroit, il a daigné m’accorder une Maîtrise en Interprétation-chant, à l’Université de Montréal, et ce, bien malgré la volonté du professeur que j’avais jusqu’alors…

C’est après mes années new-yorkaises que je suis allée vers son enseignement. C’est ainsi que j’ai appris à connaître la grandeur d’âme de cet homme, à travers des souffrances communes partagées qui nous ont faits un peu complices…

Aucunement jaloux ni possessif, c’est par son intermédiaire que j’ai pu aller prendre quelques leçons à Londres, chez la grande Vera Roszá, grâce à une bourse de perfectionnement, la dernière, mais la plus pertinente que j’aurai obtenue. Ce qui a été des plus déterminants pour la suite des choses concernant la nature de ma voix et ce que j’en ferais plus tard.

Comment peut-on oublier cette magnifique voix grave et sonore ! Et que dire de son rire quand le vecchio maledetto téléphonait pour souhaiter bonne fête à Madame Le-me-lin…

N’eût été sa bienveillante clairvoyance et son encouragement indéfectible, et surtout son entêtement à me faire croire, moi, que j’avais, oui, une belle voix, qui sait si j’aurais réussi à persévérer dans cette voie difficile et olympienne du chant classique, mais particulièrement son soutien sans équivoque devant mes élans de créativité où j’ai pu enfin reconnaître la vraie nature de cette voix et la manière originale dont j’ai pu m’y prendre pour la déployer à son meilleur.

Je lui dois une infinie reconnaissance. C’est bien malgré moi que je n’ai pu le revoir récemment mais je sais qu’il n’en doutait point.

Andrée, son amour de toujours, sait déjà tout ça. À cet amour, mes plus sincères condoléances et mon amitié loyale.

Salut, Gaston !

Retour au bercail.

En ce samedi 23 mai 2015, prenait définitivement fin un chapître du livre de notre vie familiale avec l’inhumation de ma mère, décédée en janvier dernier.

Retour au bercail : celui de l’attachement à nos racines, à celles de nos ancêtres, en ce sol sacré qu’est le cimetière de la paroisse de Sainte-Famille, Île d’Orléans.

Les voici désormais ré-unis, à jamais…

Joseph-Napoléon Lemelin (1919-2011)
Bernadette Morency (1923-2015)

Papa, maman :
Qu’ils reposent, enfin, en paix…

Photo Michel Parent

Du rituel de deuil

Ce matin (samedi, 21 février 2015), c’était la première fois que je chantais à des funérailles depuis celles de ma mère, tenues le 31 janvier 2015.

Personnellement, j’ai toujours été très réfractaire au rituel, alors que la musique et le théâtre sont pourtant eux-mêmes très ritualisés.
Je pratique le Kyudo (Tir à l’arc japonais), cet art martial méditatif, depuis maintenant 12 ans. Et Dieu sait à quel point j’ai peiné à accepter tant de ritualisation dans chaque geste et l’aborder dans une dimension strictement spirituelle, et ce, au final, pour mon plus grand bien.

Il y a une grande perte de rituel, maintenant, entourant le départ d’un être humain, affirme-t-on. Mais, croyez-moi, même si les rituels de la religion catholique avaient l’heur de m’agacer, je dois avouer aujourd’hui qu’on est bienheureux de les avoir encore…

Aux funérailles de ma mère, aucun rite, aucun rituel — pas de communion ni d’encens, ni même d’eau bénite, et pas le moindre cierge… Pire, le cortège de sortie a été complètement raté ! Au diable le sacré ! Là où il prend vraiment tout son sens — le sacré, une autre affaire qui ne m’avait encore jamais vraiment touchée !!!
Heureusement, il y a eu les vibrants témoignages de mon frère Christian et de ma filleule Annie, une lecture bien sentie de mon neveu Dominique et mes humbles chants… Sinon…

Or, mis à part la participation sensible des membres de ma famille — ma soeur Paryse et mon frère Jocelyn, parce qu’en toute simplicité, le rituel d’adieu à ma chatte a été drôlement plus accompli !

N’y voyez aucune nostalgie religieuse. Mais, oui, ce matin, j’ai réalisé à quel point ces « petits rien » m’ont manqués ce jour-là…

Samedi, 28 février 2015 :
Comme par hasard, j’entendais ce matin à l’émission Samedi et rien d’autre — audio fil à 03:19:17, une entrevue avec l’auteur Alain Roy sur le rituel, sujet qui a fait l’objet d’un numéro du magazine L’inconvénient, « Le marché du rituel »,  et qui vient de paraître.

Comme de quoi, se croire « chrétien »…

Photo Michel Parent

LE RACKET DE LA MORT…

Même les coopératives funéraires n’y échappent pas !
Demain en fin de journée, je descends à Québec pour la cérémonie funéraire de ma mère, pour laquelle elle m’a demandé de chanter…
Croyez-non ou le, IMPOSSIBLE pour moi de voir ma mère dans sa tombe :
C’était cet après-midi pour la famille, 15 minutes, et basta !
Ke-tchik et on passe à un autre appel !
Faites la queue, c’est par ici le corbillard !

Non. Pas d’exposition demain soir pour moi, sinon, faut sortir le cash !
Près de 10,000 $, 4 planches, pour une petite vieille qui ne pesait guère plus que 60 livres, dentiers compris !
Aye ! Une chance que j’ai pu lui faire mes adieux de son vivant !!!

Je suis pognée pour vivre vieille moi itou, ça m’a tout l’air…
J’espère avoir au moins accès à un enterrement vert, même dans le « trou » de mon père, à Ste-Famille, I.O.
Samedi, 14h00, une petite pensée, ça me fera pas de tort !!!

Le Glas de l’église de Sainte-Famille, I.O.

En ces temps de doute religieux;
En ces temps de quête spirituelle;
En ces temps de défection des églises;
En ces temps d’abandon de rituels;
Entre vous et moi,
Aucun crématorium ne peut rivaliser avec une église
Quand vient le temps du recueillement,
Quand vient le temps de dire adieu à ceux qu’on aime.

Et il y a de ces lieux saints qui, mieux que d’autres,
Ont l’instrument de Dieu par excellence,
Une cloche, une vraie,
Câbles toujours tirés à mains d’homme.

Une cloche d’église ne sonne jamais pour rien…

Permettez que je vous fasse entendre le plus beau des tintements,
Le glas.
Pas n’importe lequel:
Un glas patrimonial,
Celui où j’ai été baptisée,
Celui de l’église de Sainte-Famille,
En l’Île d’Orléans.

Émouvant parce que doublement personnel:
Ce glas était pour mon père.
Désolée pour les bruits « parasites »,
Ils sont la vie,
La vie qui côtoie celle qui s’est éteinte.

C’est là où j’ai dû m’arrêter…

5 septembre 2013

25 août 2011: lancement-web de mon album à compte d’auteur WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ».
Le 1er août précédent: décès de mon père. Funérailles le 6…
Jusque-là, depuis le début de la production, février 2010, je partageais mon temps entre travail alimentaire et enregistrement-mixage-matriçage puis post-production de l’album.
À compte d’auteur veut dire de sa propre poche. Sans subvention aucune.
Il m’avait déjà pris de nombreuses années pour avoir enfin le courage de le mettre à jour, cet album
Il m’aura fallu cette chanson – que je dirai « chanson-phare », Elle s’appelle « Personne »…, pour enfin réaliser que j’avais maintenant tout ce qu’il faut pour aboutir, chanson qui me définit le mieux et qui était toute désignée pour ouvrir l’album.
Lancement-web pour à peu près les mêmes raisons que le « à compte d’auteur », ce fut un sprint allucinant pour arriver « à l’heure »!
Puis, première mauvaise nouvelle: (pour être polie) « avortement » du suivi de l’album; laissée, trop tôt, seule à moi-même pour la suite des choses…

À suivre…

En rappel:
1) La fille de l’île:
(parce que chantée aux funérailles de papa – voir publications)

2) Elle s’appelle « Personne »…:
(cette chanson-phare de l’album)