Archives du mot-clé Juliette Nourredine

La laideur ?

Vous connaissez Juliette Nourredine ? S’il est un laideron de la scène musicale féminine, c’est bien elle.
Or, je l’a-doooooo-re ! Il s’agit d’une artiste de la chanson française d’immense valeur. Un talent fou ! Dotée d’un sens de l’humour truculent et d’autodérision rafraîchissante, celle-ci se fout de ce qu’on peut bien penser ou dire d’elle.

L’ayant vue en spectacle lors du Coup de cœur francophone en 1993, en plus d’un répertoire à faire rougir n’importe qui, j’ai été témoin d’une bête de scène, assurée et remplie de son art. Depuis, je suis une inconditionnelle.

Nous sommes témoins de propos fort disgracieux concernant la Révélation de l’année Safia Nolin (qui m’a conquise récemment). Depuis son très jeune âge, cette jeune femme a fait l’objet de malveillance — le mot est faible. De quoi être complexée pour la vie…

Je serais bien étonnée qu’elle aie voulu ressembler à Juliette Nourredine, qui pourrait bien lui servir de modèle.

Quoiqu’il en soit, déterminée, dimanche soir Safia Nolin a posé un geste d’affirmation. Un « statement ». C’est tout en son honneur. Et dans le fond, un pied de nez à tous les vilains de ce monde, leur criant sans doute : « Mangez…, f… y… !, MOI, j’ai un FÉLIX ! »

Je lui dis bravo et bonne chance. Mais surtout, prudence : une artiste (surtout une fille) a beau avoir un talent immense, être d’une beauté de fée, si elle est mal entourée…

Gare aux vautours…*

sn

Safia Nolin

*Les Vautours, titre #11, WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons »

Photo Michel Parent

En réponse à la question…

Comment définiriez-vous votre style, ce que vous faites ?

Après des années à dire :
Non, ce n’est pas De l’opéra;
Après des années à dire :
Oui, ce sont des chansons;
Après des années à dire :
Non, ce n’est pas de la pop;
Après des années à dire:
Oui, c’est UN opéra !

Je répondrais donc ceci :
Je fais du lyrique moderne
sans le cliché qui va avec…
Je fais de la chanson française moderne
tout en étant accessible.

Ainsi, en est-il ici de la rencontre entre
Rufus Wainwright et La Callas
ou encore
Francis Poulenc et La Dufresne

Donc,
L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret
n’est pas DE l’opéra mais UN opéra.

Car, tel un slogan :
La chanson, c’est ça aussi ;
C’est aussi ça, l’opéra !

 

Entre créativité et inertie…

Comment comprendre l’inertie et peut-être la mauvaise foi de certains décideurs quand, au simple visionnement de mon diaporama et de mon 1er extrait « live », je reçois ce commentaire d’un nouvel (?) « admirateur » :

[…] j’ai regardé quelques extraits sur Internet.  Je ne suis pas connaissant de « l’art lyrique », et des nuances dans ses formes d’expression, et encore moins de son évolution récente. Mais ai-je raison de voir dans ces brefs extraits un lien avec ma perception d’une certaine « école française » (???) -du moins « moderniste » (???)-, en émergence dans l’entre-deux guerres ?

[…] Si « chansonnier » veut dire quelqu’un qui est « critique » de certaines réalités ou d’évènements, ou de choix imposés aux masses, moi je pense qu’il en manque ces temps-ci dans la sphère publique, et il est facile de comprendre que ceux/celles qui tirent des ficelles cherchent à les écarter.
[…] Bravo pour le courage de lutter, de se dévoiler, de rester saine / sereine malgré les avatars, vicissitudes et mesquineries.
Normand Dickey, 01/02-04-2014

On nous exhorte d’être créatifs et quand on l’est, on vous donnera tellement d’excuses…
Quand le public, lui, comprend…

Photo Michel Parent

Du chaos au spirituel…

Dans la préface de Philippe Sers introduisant le livre de Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, nous lisons ceci :

« Il y a dans l’œuvre d’art la révélation d’une réalité supérieure inaccessible au discours de la raison et elle devient par une coïncidence inouïe dans le même mouvement le support d’une méditation métaphysique. Elle est à la fois le support de la méditation et l’image de l’itinéraire.
[…] La valeur n’est pas esthétique. Une œuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul.
[…] c’est l’âme des moyens de l’art qui lui (Kandinsky) répond dans cette correspondance entre musique et peinture, confirmant la vocation de l’art et son pouvoir […]
(Repris de Regards) « Chaque œuvre naît, du point de vue technique, exactement comme naquit le cosmos… Par des catastrophes qui, à partir des grondements chaotiques des instruments, finissent par faire une symphonie que l’on nomme musique des sphères. La création d’une œuvre, c’est la création du monde. »

Cela m’émeut parce que c’est dans un immense chaos que j’ai créé L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. J’ai réellement vécu une renaissance, une résurrection. Le rapport avec le spirituel est indéfinissable mais il a été nettement ressenti par le public.
Se faire dire être resté absorbé pendant quelques jours par cette présentation ou encore que je dégageais une aura perceptible demeure un immense cadeau autant qu’un privilège. Je n’aurai pas tant oeuvré en vain.

Une question demeure : pourrai-je jamais le représenter ?

Faire oeuvre utile…

Comme dit si bien cette magnifique et touchante chanson de Julien Clerc, sur un texte non moins poignant d’Étienne Roda-Gil, Utile :
« À quoi sert une chanson si elle est désarmée […]
Je veux être utile À vivre et à rêver […] Je veux être utile À vivre et à chanter. »
… Oui, mon plus cher souhait aurait été, avec mon « Opéra-Chansons », faire oeuvre utile…

Au fond, de toute ma vie, ce fut le moteur principal de mon chant, de ma voix, d’une présence sur scène :
Comment voulez-vous gagner un concours avec une chanson comme Des ronds dans l’eau ?!?
J’avais 13 ans… Déjà, j’avais besoin de sens pour me donner le « droit », une vraie raison de chanter.

L’insignifiance, le réchauffé jusqu’à l’ennui, très peu pour moi. Cela n’enlève en rien à la légèreté et/ou la drôlerie d’une chanson. Le contexte fait toute la différence.

Bienheureux sont les artistes qui peuvent avoir à long terme une oreille, un public…

Permettez que je partage ici l’interprétation de la muse de la chanson citée plus haut, la Divine Gréco :

… et d’en pleurer…

Photo: Michel Parent

L’« Opéra-Chansons » ou… la peur du ridicule

Oui, la peur du ridicule m’a habitée pendant toutes ces années où j’ai résisté à la publication de ces chansons, encore plus de les présenter sur scène.

Un saut dans le vide, que fut cette aventure…

Toucher les coeurs, mission difficile mais apparemment réussie.

Aussi, je me permettrais d’emprunter le témoignage d’une collègue,
Solange Lessard : « Tu m’as impressionnée par toute ta théatralité, la beauté de la voix au service de chansons vraiment spéciales… », 11 mai 2014
Ainsi que celui de Suzanne Maurice, mon accessoiriste et amie :
« Merci Belle ‪Christine, j’arrête pas de fredonner tes chansons tellement elles m’habitent… Un spectacle fascinant, de poésie musicale toute en finesse… », 14 mai 2014

Encore 2 représentations :
Dimanche, 18 mai – 16h00
Mardi, 20 mai – 19h00

BAIN MATHIEU
2915, rue Ontario Est (métro Frontenac)

N’ayez pas peur !
Plongerez-vous avec moi ?

 

 

 

Photo: Michel Parent

Ma Première

Ce fut une très petite salle, mais ô combien belle !

Des coeurs touchés !

N’est-ce pas le but ultime !

Les avoir touchés, comment, par quelle-s chanson-s, je l’ignore. C’est le « Code secret » de ces coeurs.

Je remercie d’autant plus ces personnes qui ont bravé le beau temps, inéluctable…

Je vous attends Dimanche, 18 mai — 16 h 00
et Mardi, 20 mai — 19 h 00
Au plaisir !
AG Photographe PLB Design

L’« Opéra-Chansons » : C’est demain !

Oui, c’est demain !
Enfin, ma Première
Oui, c’est une course contre la montre !
Je vais (on va – Les Productions « La Fille de l’Île ») y arriver…
Sur la peau de fesses !

Eh ! oui, il fera beau !

Oui, c’est la Fête des Mères…
Vous qui l’êtes, peut-être, qui en avez une, c’est pour vous, pour elle, vos filles – et vos garçons et/ou leur conjoint, et le vôtre, par ricochet…

Une histoire de femme ?
Universelle, pourtant…

Avec moi, venez partager cette exploration en chansons, en « opéra »
Accompagnez-moi dans cette aventure…

Au plaisir de vous y voir !

 

AG Photographe PLB Design

L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret

Il fera beau ? Qu’à cela ne tienne !

C’est en toute modestie que Les Productions « La Fille de l’Île » vous proposent d’assister à ce spectacle conçu (texte, musique et mise en scène) et interprété par Christine Lemelin.

BAIN MATHIEU
2915, rue Ontario Est, Montréal (Métro Frontenac)

11 et 18 mai 2014 — 16h00
20 mai — 19h00

Contribution volontaire — jumelée à une levée de fonds

Qui n’aime pas se faire conter des histoires ?

Ici, une histoire en chansons. Une mise en abyme. Un « drame » chanté. Et qui dit drame, dit opéra. On aura beau sortir la fille de l’opéra…

Voici enfin la création du spectacle dont la trame principale est parue en format CD sous le titre WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ». Porteur de rêves que ce métier d’artiste, avec toutes les illusions que cela peut susciter, bien malgré soi. Histoire à laquelle lui est opposée une réalité crue, brutale – solitude, isolement, abandon. Or, si on ne peut plus rêver…

En résidence au Bain Mathieu pour préparer la création de son « Opéra-Chansons », Christine Lemelin vous convie à partager le fruit de son exploration : acoustique, sans accompagnateur, sans filet. Bien que celui-ci soit de l’ordre de l’intime et du confidentiel, l’opéra n’est-il pas l’art suprême en art « dramatique » ? À faire rêver plus d’un créateur…

Somme toute, la chanson, et par conséquent l’opéra, est un moyen plus qu’un but : le véhicule du sujet, toujours d’actualité, car « la » réalité ne défie-t-elle pas le passage du temps ?

Plongez ! Mouillez-vous !!!

Artisanal ?!?

Il y a de ces projets qui, comme fut le mien, sont difficiles à caser dans cette industrie qu’est la chanson. Plutôt que s’obstiner, aussi bien faire comme d’habitude : se débrouiller toute seule !

Pour certains, « artisanal » veut dire « amateur », dans le sens péjoratif du terme. Veut dire aussi « sans le sous », idem.

Pourtant, ce n’est pas d’hier que des productions de qualité soient faites dans des conditions minimales, voire précaires. À plus forte raison depuis l’avènement des nouvelles technologies.

Or, si on veut un produit de qualité, même artisanal, faut s’en donner la peine !

Avoir enregistré mon album chez Planet ne veut pas dire que j’aurais été plus satisfaite que dans mon pseudo « studio-maison ». Ça m’aurait probablement juste coûté plus cher… Pour ce qui est du contrôle du produit final ?!?
Or, j’ai voulu un produit de qualité et pour ça, il a fallu quand même y mettre le prix.

WXYZ… Code secret a été fait en DUO. Avec la précieuse collaboration de Réal Léveillé, au piano, à la programmation et à la réalisation.
Pendant de longs mois, nous avons travaillé avec le plus grand sérieux à faire en sorte que mes chansons soient au mieux représentées musicalement et vocalement.

C’était sans compter les imprévus…

J’ai fait affaire à des professionnels pour le sauvetage d’une chanson-clé de l’album, un problème technique en cours d’enregistrement nous avait échappé. Or, musicalement, la pièce était in-tou-cha-ble ! Une tentative de refaire mon chant ne fut pas fructueuse, je n’arrivais pas à la cheville de ce « moment de grâce ».

En parallèle, un matriçage désastreux – le travail original était à ce point méconnaissable, m’a obligée de prendre une décision majeure : nous allions nous en occuper nous-mêmes ! Avec dépenses à l’avenant…
Cette expérience décevante a pourtant été une leçon extraordinaire qu’aucune université aurait pu me fournir ! J’en suis très reconnaissante d’autant plus que j’avais été dans une très bonne disposition. Ce technicien aimait beaucoup mon matériel et il régnait entre nous une très belle entente et harmonie. J’avais apprécié chaque minute passée avec lui. Précieux !
Déçu, voire insulté, il avait eu beau me reprocher de n’avoir pas fait mes « devoirs », dans la précipitation de ce matriçage, il ne m’avait pas donné le temps ou l’occasion de les avoir faits ni d’avoir du recul sur le produit en cours de travail.
Je n’ai donc pas accepté de le rembourser : je n’ai pas l’habitude de ne pas payer les gens qui travaillent pour moi.  

Ainsi, semaine après semaine, Réal et moi travaillions intensivement à ce mixage. Réal était même arrivé à encore améliorer le sauvetage de cette chanson-clé.
Or, nous étions sur le point de boucler le tout que moi, entêtée, je réécoute encore l’original et je suis persuadée qu’il faut tout reprendre depuis le début !
Et Réal a trouvé LA solution… Et c’est à s’y méprendre !

Ainsi, rien qu’à elle seule, cette pièce m’aura coûté vraiment très cher, mais un entêtement que je considère plus que positif.

Et le temps que nous avons passé ensemble, Réal et moi, le plaisir que nous avons eu à travailler et l’expérience qui en a découlé en vaut largement le prix.

Et je n’ai absolument rien à envier à ces productions, plus léchées, peut-être, mais qui n’ont pas forcément l’âme que nous y avons mis. Et en prime, artistiquement, j’ai eu le plein contrôle de mon « oeuvre ».
Ceci n’a PAS de prix !