Archives du mot-clé Opéra-chansons

Errance, la genèse

Au départ, je n’avais pas l’intention de raconter les histoires derrière ce qui constitue mon « Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret, bien que cette oeuvre soit une sorte de mise en abyme.

Mais comme je présenterai celle-ci, entre autres, dans le cadre de Show de femmes au Balattou, le 15 novembre (2018), c’est en raison de ce lieu qu’il devient maintenant pertinent pour moi de raconter.

À l’exception d’une ou deux pièces de ce projet, lequel aura pris vingt ans à voir le jour, elles ont toutes été écrites alors que j’habitais au 4372, rue Clark, coin Marianne. C’est-à-dire carrément derrière le Balatou et ce qui fut le Bobards, endroit longtemps à la mode situé St-Laurent/Marianne.

Timide et solitaire, ayant un rapport avec la séduction plutôt incertain, je n’entrais jamais dans ces meat market. Même que, pour le Balatou, j’avais, oui, des préjugés; malaises…

À l’époque, sans doute encore aujourd’hui, la faune de ce quartier variait selon le bout de rue, le jour de la semaine et l’heure de la journée où on y circule. Et je parle du temps où la vie commerciale de la rue Mont-Royal ne s’étendait guère que de St-Laurent à St-Denis…

En soirée, je sortais de chez moi, déambulais, arpentais Mont-Royal-St-Denis-Prince-Arthur-St-Laurent. Selon mon humeur, j’extrapolais vers le Parc Jeanne-Mance et la rue Sherbrooke. Pas toujours une bonne idée… se faire suivre est plutôt affolant…

Enfin je rentrais chez moi…

Un samedi soir — j’avais écrit Errance depuis quelques mois déjà –, devant le Balattou une dame m’interpelle. Les yeux cernés, l’air hagard, au lieu de pénétrer tout de suite dans cette salle — j’y serais allée volontiers avec quelqu’un –, je l’invite d’abord à partager la balade avec moi puis d’aller prendre un verre là où ça lui tenterait.

Une fois rendues Mont-Royal/St-Denis, je lui propose de marcher un peu plus vers l’est, qui tente de se développer. Refus. Nous descendons alors la rue St-Denis. À Rachel, au moment de lui suggérer une halte, la peur au ventre, elle décide de rentrer chez elle et mettre son pyjama… Une fois moi-même de retour à la maison, je lui dédie ma chanson : à toutes les « Johanne ».

Une chanson, un opéra, ça ne dit pas tout…

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Beau temps, mauvais temps ?

Vous vous lamentez du temps qu’il fait ?
Sachez qu’il y a quatre ans, l’exécrable, froid et pluvieux mois d’avril s’est incrusté jusqu’au 10 mai !
Le lendemain, dimanche de la fête des mères, fut le premier beau jour de l’année (ca. 30˚). Tout le beau monde s’est rué dans son jardin ou sur les terrasses. Normal, direz-vous.

Pourquoi je m’en souviens ?
Parce que ce 11 mai était jour de première pour la création de mon « Opéra-Chansons ».
Ce temps magnifique a été reconduit pour les 2 autres représentations (18 et 20)…

À rebours, bonne idée ? On ne peut jamais prédire.
Pour qui a une fan base, aucun problème. Dans le cas qui me préoccupe — ce projet qui a pris vingt années de ma vie –, je revenais à la vie professionnelle après un très long silence… et on ne m’attendait surtout pas là.

Mais sachez que ceux et celles qui m’ont fait l’honneur de venir au Bain Mathieu, où j’étais en résidence, ne furent pas déçus !

Voici d’humbles extraits de ce que vous avez raté…

Crédits photos : Michel Parent
Montage vidéo : Christophe Ducassy

 

Jouer « Carmen » alors ?!?

À la lumière de toutes ces dénonciations, doit-on, aujourd’hui, s’offusquer d’une telle photo ?
Je venais de décrocher le fameux rôle de Carmen, dans la désormais célèbre production de Peter Brook La tragédie de Carmen à New York (1984). Ce qui causa tout un émoi. J’ai donc été approchée par le défunt magazine Québec Rock et photo fut prise.

Comme ce rôle tant convoité est souvent considéré, à tort, sulfureux et lascif, il n’est pas rare que des gestes suggestifs soient demandés par les metteurs en scène; les cigarières d’autrefois roulaient apparemment le tabac directement sur l’intérieur de la cuisse. Cela — tout comme la photo — est bien prude si l’on compare avec certaines mises en scène de théâtre ou chorégraphies modernes.

Or, il peut arriver qu’il y ait confusion dans la tête de certains entre le fantasme qu’ils se font du personnage et la femme qui l’incarne.

Et il arrive… De quoi écoeurer à jamais d’un rôle pourtant « sur mesure ».

Thème au coeur de L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. L’allusion n’est pas évidente dans sa trame principale, l’album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons », mais littéralement exprimée dans les morceaux non-édités qui complètent l’oeuvre.

Seuls les privilégiés présents au spectacle ont pu décoder.

Un jour, peut-être…

Photo Michel Parent

Pourquoi ?!?

« Mais est-ce qu’on fait ce qu’on veut dans la vie ou ce que les autres veulent qu’on fasse ? »
Robin Aubert, La Presse, Arts Cinéma, 14 octobre 2017.

Ce qui répond substantiellement à TOUS les « Pourquoi ? » de ma vie artistique et personnelle…

En fait foi mon « Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret créé en mai 2014, dont le sujet et le traitement sont toujours d’actualité.
Sa trame principale, l’album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons » est disponible sur Bandcamp ou en perso.

Commentaires album/scène :

https://christinelemelin.com/des-professionnels/albumscene-ils-ont-dit/

Extraits : 

Diaporama : 

MERCI !

 

 

 

La laideur ?

Vous connaissez Juliette Nourredine ? S’il est un laideron de la scène musicale féminine, c’est bien elle.
Or, je l’a-doooooo-re ! Il s’agit d’une artiste de la chanson française d’immense valeur. Un talent fou ! Dotée d’un sens de l’humour truculent et d’autodérision rafraîchissante, celle-ci se fout de ce qu’on peut bien penser ou dire d’elle.

L’ayant vue en spectacle lors du Coup de cœur francophone en 1993, en plus d’un répertoire à faire rougir n’importe qui, j’ai été témoin d’une bête de scène, assurée et remplie de son art. Depuis, je suis une inconditionnelle.

Nous sommes témoins de propos fort disgracieux concernant la Révélation de l’année Safia Nolin (qui m’a conquise récemment). Depuis son très jeune âge, cette jeune femme a fait l’objet de malveillance — le mot est faible. De quoi être complexée pour la vie…

Je serais bien étonnée qu’elle aie voulu ressembler à Juliette Nourredine, qui pourrait bien lui servir de modèle.

Quoiqu’il en soit, déterminée, dimanche soir Safia Nolin a posé un geste d’affirmation. Un « statement ». C’est tout en son honneur. Et dans le fond, un pied de nez à tous les vilains de ce monde, leur criant sans doute : « Mangez…, f… y… !, MOI, j’ai un FÉLIX ! »

Je lui dis bravo et bonne chance. Mais surtout, prudence : une artiste (surtout une fille) a beau avoir un talent immense, être d’une beauté de fée, si elle est mal entourée…

Gare aux vautours…*

sn

Safia Nolin

*Les Vautours, titre #11, WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons »

Photo Michel Parent

D’aimer

« L’amour ne peut pas penser à l’amour, on ne peut pas le cultiver, on ne peut pas s’y exercer. S’entraîner à aimer, à sentir la fraternité humaine, est encore dans le champ de l’esprit, donc ce n’est pas de l’amour. Lorsque tout cela s’est arrêté, l’amour entre en existence et alors on sait ce qu’est aimer. » Krishnamurti

Je ne connais pas l’origine de ce texte, je n’ai jamais lu Krishnamurti. À l’époque où on m’y invitait avec force culpabilité, j’ai tourné le dos à tout ça, développant presqu’une aversion à la chose spirituelle. Pour y revenir au compte-goutte bien des années plus tard, mais de mon propre chef.

Or, cette citation, qui arrive à point, provient d’un ouvrage scolaire que je consulte par nécessité. Comme de quoi…

Là où je veux en venir, c’est que dans ma chanson Prière à ma mère, qu’on ne trouve pas sur l’album mais qui est au cœur de l’œuvre totale, je fais appel à l’amour, justement, et dans ces termes :

[…]
Aimer, est un don…
Gratuit !
Il est faux de prétendre
Qu’on ne peut donner
Ce qu’on n’a pas reçu.
Il se peut de le cultiver.
[…]
L’amour,
Ça se mérite…
Par l’amour.
Non le sacrifice.
© Christine Lemelin

J’ignore si j’avais raison ou pas, mais une chose que je sais : est d’avoir écrit ce texte avec ferveur, sincérité et authenticité. Ça, personne ne peut en douter.

L’amour… Oui, qu’est-ce donc l’amour ?

Marie-Nicole Lemieux : Le beau chant véritable !

Dire que je l’envie est un euphémisme…

Hier soir, j’ai eu le grand plaisir d’assister au « spectacle classique » consacré à Baudelaire (c’est comme ça qu’on nous le présente et non un récital !), donné au Théâtre Outremont par Marie-Nicole Lemieux, en compagnie du pianiste Daniel Blumenthal et du comédien Raymond Cloutier, directeur artistique dudit théâtre.

L’envie ? Parfois, j’avais le cœur à l’envers d’entendre non seulement cette voix magnifique dotée d’un registre exceptionnel et sans failles, mais une chanteuse dont la maîtrise du souffle est tout simplement remarquable. Que dire des nuances, ces douceurs dans les aigus : ad-mi-ra-ble ! Des aigus et des pp qui m’ont tant fait défaut pour réussir dans ce métier si olympien.

Combien d’autres récitals du genre ai-je manqué ? MNL est une des rares chanteuses à qui l’on permet de présenter un répertoire aussi peu familier du public, voire même des connaisseurs. Moi-même, qui possède une collection plus qu’enviable, je connaissais à peine plus de la moitié des œuvres au programme. Il faut dire que mes intérêts on bifurqué depuis quelques temps.

Marie-Nicole Lemieux est véritablement une récitaliste, ce que ne sont pas forcément les chanteurs et chanteuses d’opéra qui, pour plaire au grand public (il semble que c’est désormais la norme), nous assaillent constamment d’airs d’opéras, comme s’il n’y avait pas suffisamment de beau répertoire, toutes langues confondues, à se mettre sous la dent. MNL en est la démonstration, sans même être obligée de faire la guignole, sa tenue en scène étant sobre et délicate.

Un bémol : le pianiste. Certes, monsieur Blumenthal est un excellent accompagnateur, épousant parfaitement la musicalité de l’interprète. Hélas, il est le portrait même du pianiste classique qui ne semble pas avoir assimilé tout l’éventail musical dès qu’il s’agit d’appréhender la chanson : nous avons eu droit à un plat repiquage d’une version piano de Léo Ferré dans Le Flacon. Tant qu’à avoir fait grands frais dans la conception de ce « spectacle » (je pense au costume de monsieur Cloutier), on aurait pu au moins investir dans un arrangement plus élaboré par les services d’un maître en matière « Ferré » : Philippe Noireaut. Comme ça m’a manqué !

Oh ! du beau chant, comme cela fait du bien. Ne serait-ce que pour CE genre de répertoire, il vaut encore la peine d’étudier le chant classique. Pour en faire carrière, c’est une autre histoire…