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Public cible? Foutaise!

Oh que oui!
Combien de fois m’a-ton demandé à qui je m’adresse, combien de formations prises pour trouver mon fameux « public cible »!
Question à laquelle je n’ai jamais été capable de répondre parce que choisir une prétendue élite, c’est mépriser quiconque aurait été en mesure d’apprécier ce que je proposais. Mon but était de faire découvrir à tous ce que moi-même je découvrais. Non pas connaissais, mais bien découvrais, parce que je partais d’aussi loin qu’eux, sinon davantage. Et surtout le présenter d’une façon plus moderne.
L’enjeu est désormais de nature marketing et non artistique….

Pour corroborer ceci, je partage ici un extrait de Téléjeans où Yvon Deschamps était interviewé par deux adolescentes :

Est-ce que tu essaies de rejoindre un certain public dans tes spectacles? Est-ce que tu t’adresses à un public en particulier? Est-ce que tu prépares tes monologues en vue de…
— Non, jamais.
— …une certaine catégorie de gens?
— Non. On peut pas penser à ça parce que tout ce que tu peux faire, c’est parler. Tu peux pas décider de qui va t’écouter. Tu peux pas écrire pour quelqu’un, tu peux pas écrire pour un public ou pour des gens. T’écris pour toi. T’écris ce que t’as de plus vrai, de plus profond, de plus… […] J’ai envie de parler d’affaires qui m’achalent dans la vie, j’ai envie de parler de mes angoisses, surtout, j’ai envie de parler de mes problèmes, et puis en me disant que peut-être qu’il y a du monde qui se reconnaissent parce qu’ils ont les mêmes problèmes que moi.
Yvon Deschamps, Téléjeans, 10 février 1979

Yvon Deschamps, de l’humour? Non. Du grand art, véritable.

Un « zoopéra », pourquoi devait-il être un spectacle exclusivement pour enfants? Ma foi, c’est pas parce que je chantais, dans La Belle… et les bêtes, un « zoopéra »des Fables de Lafontaine, entre autres, cela ne devait être appréciable que par des enfants. Lafontaine  disait lui-même que son oeuvre était destinée aux adultes. Trafiquer ce spectacle, dont on a dit énormément de bien, juste pour faire de l’argent? Que non! En aurais-je vraiment fait? Pourtant, les enfants étaient les bienvenus. Beaucoup d’entre eux auraient compris, eux aussi, toute la magie et l’humour qu’on pouvait y trouver.

J’ai mis un an de préparation, sans aucun revenu, pour présenter, en octobre 2000, Èva Gauthier, Pionnière du Chant Moderne en Amérique ou… la « Javanaise », un seul soir. Pour me faire dire par l’agente du ministère de la Culture de l’époque, à qui je demandais une subvention pour développer plus avant ce projet, que ça ne rejoindrait aucun public (je résume grossièrement)! Pourquoi alors ce même ministère m’aurait-il octroyé quelques années plus tôt une bourse de recherches, d’aide à la création, laquelle m’aura amenée à New York et Ottawa, y trouver des perles incroyables, s’il était pour n’y avoir aucun débouché?! Le public a véritablement apprécié ce projet, fort embryonnaire pourtant. Un avenir saboté par l’hôte, mais ça, c’est une autre histoire…

Et plus récemment, L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret, qui m’a été refusé par des diffuseurs (eux, ils connaissent leur public!) parce qu’on ne sait pas dans quelle case le programmer — c’est trop chanson, c’est trop classique, et quoi encore! J’ai publié sur cette plateforme à l’issue de la création les commentaires des plus élogieux concernant la valeur de cette oeuvre.
Celle-ci parle de condition d’artiste, de femme artiste, de femme tout court. Aurait-il fallu que je m’adresse exclusivement aux intéressées? N’est-ce pas un peu réducteur?
Et les hommes, pourquoi n’auraient-ils pas accès à ce qu’ont à dire les femmes de leurs conditions toujours aussi précaires? Pourquoi ne devraient-ils pas s’y intéresser, à plus forte raison par les temps qui courent…
Vous remarquerez que les commentaires les plus profonds proviennent de la gente masculine…

Certes, il y a « des » publics. Mais ignorer certains au profit d’autres n’est pas honnête. L’art, ce n’est pas ça. Le public choisit, certes. Mais si on persiste à le garder dans l’ignorance, pour des raisons bassement mercantiles?

Je peux bien être pauvre…

Photo Michel Parent

Payer les critiques ou Malade du marketing ?

J’entendais en début de semaine à la radio que des groupes de musique émergente, voire marginale, auraient pris le parti de payer des critiques-chroniqueurs pour leur permettre d’avoir une couverture médiatique.
Il y a bien sûr la notion d’éthique qui entre en jeu.
Par contre, quand on connaît l’abondance d’artistes à couvrir, se payer un-e relationniste ne semble pas forcément le choix à faire, selon ce qu’on peut en comprendre, le chroniqueur préférant peut-être se limiter à couvrir le « mainstream » plutôt que la nouveauté, quelle qu’elle soit.

Coïncidence peut-être, mais cette façon de faire m’a été suggérée, ou plutôt dans le sens contraire : les faire payer pour se présenter en salle. Ils sont un public, après tout !
Et dans ce sens, l’apparente insulte les ferait peut-être réagir au point de nous mettre dans leur mémoire et ainsi susciter plus de curiosité de leur part, considérant le billet que j’ai déjà écrit à ce sujet…

Parce que le marketing, c’est quoi, au fond ? Attirer l’attention et l’intérêt.
Un sujet que semble hautement déplorer maestro Paavo Järvi, selon l’article paru dans Le Devoir du 31 juillet 2014.

« Je n’entends plus parler que de box-offfice […] Nous jouons du répertoire méconnu et tout le monde apprécie parce que c’est bien fait et que les concerts n’ont pas été programmés en fonction de recherches de marketing. »

Il voit dans l’originalité une clé pour réveiller le ronron des concerts. Que seule les programmations osées et puissantes gagnent en audience, demandant la confiance du public, qui répond. Parce que ce n’est pas ce qu’on fait qui est important mais comment on le fait.

Oui, la musique classique en souffre parce que ça tend à niveler par le bas plutôt que susciter la curiosité et l’intelligence du public, ce en quoi semble réussir ce maestro. Et je l’envie !

Il en va de même pour les oeuvres nouvelles comme l’« Opéra-Chansons » que j’ai créé récemment où il y a audace et chemins peu fréquentés — en somme, l’éclatement ou la fusion des genres –, et qui en souffre tout autant, se situant dans la marge alors que tellement plus accessible que ce qu’on peut retrouver dans le créneau « Théâtre musical » de cette musique classique — parce qu’on ne sait pas où me caser (est-ce si souhaitable ?) –, expression devenue fourre-tout puisque récupérée par une certaine comédie musicale qui se veut plus élevée que celle habituellement ainsi dénommée; ça fait tellement plus « chic » !

Or, dans le cas qui me préoccupe, personne n’a été déçu, tous ont été touchés, émus. Il ne manque que les moyens de faire déplacer les gens pour assister à une telle représentation, une performance, du reste.

http://www.ledevoir.com/culture/musique/414784/la-musique-classique-est-malade-du-marketing-deplore-paavo-jarvi

 

Blogue, pas blogue…

Dans un article que j’ai publié l’été dernier intitulé Publicité douce ou « sauvage »?!?, je faisais état de ma grande gêne dans la gestion du marketing culturel, disque et/ou scène. Je n’ai pas changé d’idée. J’y faisais encore référence la semaine dernière dans ma publication Barbara et « moi »…

Quand j’ai accepté de créer ce site-blogue, je ne voyais vraiment pas l’intérêt du volet « blogue », me demandant sérieusement si j’aurais matière à le nourrir. D’ailleurs, j’avais écrit, il y a bientôt 2 ans, à quel point j’ai résisté pour embarquer dans les médias sociaux…
À ma grande surprise, j’ai réussi à nourrir ce site assez régulièrement malgré une présentation toujours en développement.

Récemment, je m’inscrivais en faux concernant la nécessité de poster régulièrement, toutes les semaines, par exemple. Il y avait toujours ce « faut avoir de quoi le nourrir »…
(Il suffit que j’aie l’impression qu’on veuille me pousser pour que j’aie un mouvement de recul – la délinquante-sauvage-rebelle n’est jamais bien loin!)

À ma grande surprise, depuis que j’ai recommencé à travailler sur mon projet d’« Opéra-Chansons », considérant toutes les embûches m’ayant empêchée de me produire plus rapidement suite au lancement de mon album, j’ai tout de même réussi à publier toutes les semaines.
Garderai-je la cadence? Ce n’est pas un objectif.
Car je me demande encore si l’entreprise est si utile…
Publier pour publier ne vaut pas la peine. Et là, ça peut devenir facilement de la publicité sauvage…

Comme « je ne veux pas vous perdre »*…

* extrait de « Valentin », chanson faisant partie de la suite…
Code secret, le « bien nommé »!!!

(Le lien « 2 ans » n’est pas disponible mais a été publié le 26-12-11 sous le titre « L’art de perdre ses amis sur FB – Je m’en occupe. Désolée pour le contre-temps. Merci. CL)

Publicité douce ou « sauvage »?!?

Honnêtement, le marketing et moi ne faisons pas bon ménage…
Un traumatisme qui n’est finalement pas réglé…

J’ai toujours été frileuse pas l’approche insistante qui, immanquablement, se fait sous pression, même si on s’en défend bien.

Mon meilleur outil de marketing: la scène.

Par contre, j’ai expérimenté, hier, 1er juillet, un léger contentement suite au succès relatif de la publication que j’ai faite sur ma Page-FB alors que, même si ça se voulait une invitation à l’aimer, c’était bien timide, mon affaire!

Un 110e Fan inattendu a fait que j’ai écrit ceci:
« Bonjour,
En ce 1er juillet, 110 fans-FB!
En 2 ans, ça va pas vite…
Je vous expliquerai tout ça bientôt.
En résumé:
Quelques obstacles majeurs en cours de route font que
je suis tout simplement TRÈS en retard sur mon projet de spectacle…
Merci, en attendant, pour votre encouragement. »
Cela en ajoutant l’adresse de ma Page et la publiant dans à peu près tous les groupes auxquels j’ai adhéré.

Sans être une avalanche de « J’aime », la réaction a été tout de même tout à fait remarquable!
Comme de quoi, l’absence de vente sous pression du genre « aime ma page, je l’aimerai en retour », ce qui n’arrive finalement jamais, n’est pas, à mon avis, la bonne manière de faire.
En tous les cas, elle a plutôt le tour de me rebuter…
Si d’autres sont comme moi…

Or, c’est plutôt la manière « agressive », voire sauvage qui semble avoir cours. Ce n’est pas celle que je souhaite entreprendre.

Bienvenue à tous ceux qui me lisent ici et bienvenue à ceux qui visitent ma Page-FB et qui viendront m’entendre un jour et/ou achèteront volontiers mon album-CD.pochetteCD-Christine-Lemelin