Photo Michel Parent

Payer les critiques ou Malade du marketing ?

J’entendais en début de semaine à la radio que des groupes de musique émergente, voire marginale, auraient pris le parti de payer des critiques-chroniqueurs pour leur permettre d’avoir une couverture médiatique.
Il y a bien sûr la notion d’éthique qui entre en jeu.
Par contre, quand on connaît l’abondance d’artistes à couvrir, se payer un-e relationniste ne semble pas forcément le choix à faire, selon ce qu’on peut en comprendre, le chroniqueur préférant peut-être se limiter à couvrir le « mainstream » plutôt que la nouveauté, quelle qu’elle soit.

Coïncidence peut-être, mais cette façon de faire m’a été suggérée, ou plutôt dans le sens contraire : les faire payer pour se présenter en salle. Ils sont un public, après tout !
Et dans ce sens, l’apparente insulte les ferait peut-être réagir au point de nous mettre dans leur mémoire et ainsi susciter plus de curiosité de leur part, considérant le billet que j’ai déjà écrit à ce sujet…

Parce que le marketing, c’est quoi, au fond ? Attirer l’attention et l’intérêt.
Un sujet que semble hautement déplorer maestro Paavo Järvi, selon l’article paru dans Le Devoir du 31 juillet 2014.

« Je n’entends plus parler que de box-offfice […] Nous jouons du répertoire méconnu et tout le monde apprécie parce que c’est bien fait et que les concerts n’ont pas été programmés en fonction de recherches de marketing. »

Il voit dans l’originalité une clé pour réveiller le ronron des concerts. Que seule les programmations osées et puissantes gagnent en audience, demandant la confiance du public, qui répond. Parce que ce n’est pas ce qu’on fait qui est important mais comment on le fait.

Oui, la musique classique en souffre parce que ça tend à niveler par le bas plutôt que susciter la curiosité et l’intelligence du public, ce en quoi semble réussir ce maestro. Et je l’envie !

Il en va de même pour les oeuvres nouvelles comme l’« Opéra-Chansons » que j’ai créé récemment où il y a audace et chemins peu fréquentés — en somme, l’éclatement ou la fusion des genres –, et qui en souffre tout autant, se situant dans la marge alors que tellement plus accessible que ce qu’on peut retrouver dans le créneau « Théâtre musical » de cette musique classique — parce qu’on ne sait pas où me caser (est-ce si souhaitable ?) –, expression devenue fourre-tout puisque récupérée par une certaine comédie musicale qui se veut plus élevée que celle habituellement ainsi dénommée; ça fait tellement plus « chic » !

Or, dans le cas qui me préoccupe, personne n’a été déçu, tous ont été touchés, émus. Il ne manque que les moyens de faire déplacer les gens pour assister à une telle représentation, une performance, du reste.

http://www.ledevoir.com/culture/musique/414784/la-musique-classique-est-malade-du-marketing-deplore-paavo-jarvi

 

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Une réflexion au sujet de « Payer les critiques ou Malade du marketing ? »

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