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Mon souvenir de Clément Richard

Je viens d’apprendre le décès de Clément Richard, survenu hier, le 3 mars 2022. Ça m’émeut parce que j’ai fait sa connaissance au début des années’80, comme il était député du comté de Montmorency, mon comté d’origine : née à l’Île d’Orléans et avoir vécu mon adolescence à Beauport, où il résidait.
C’est par l’intermédiaire de mon amie, Claire Binet, qui travaillait dans son bureau de comté et qui m’a invitée (plutôt m’y a traînée!) à une soirée plus ou moins partisane à laquelle il devait assister. Je n’aurais jamais eu l’audace de faire une quelconque démarche à son endroit, très frileuse pour ce genre de choses.
Même si j’habitais désormais à Montréal, il a souhaité suivre mon évolution artistique. À plus forte raison quand il devint ministre des Affaires culturelles.

Une occasion en or s’est présentée en 1984 pour que son intérêt se concrétise : le rôle de Carmen dans La tragédie de Carmen de Peter Brook à New York, au Vivian Beaumont Theater (Lincoln Center). Un événement plus que bouleversant dans ma jeune carrière…
Il fit en sorte que l’on parle de moi : invitée à l’émission Contrechamp, à la télé de Radio-Canada, animée par Anne-Marie Dussault. Cette émission était alors diffusée uniquement dans la région de Québec.
En avril, il profita de son voyage à NY, où l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) se produisait au Carheghie Hall, pour assister à une représentation de « mon spectacle » en compagnie de Bernard Lamarre, alors président du Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBA) et de Lavalin. À la suite de cela, il m’invitait à la réception donnée pour l’OSM au Waldorf Astoria!
« Tu es lancée, maintenant! », me dit-il. C’était encore bien mal connaître comment ça se passe dans ce métier-là… Moi, je savais à quel point j’avais encore des croûtes à manger!

Quelques mois plus tard, je fus invitée à l’avant-première de l’exposition de la collection de Jacqueline Picasso au MBA. S’ensuivit une réception au restaurant Le Prévost, très populaire à cette époque. S’y trouvait le gratin artistique du genre André Gagnon, Jean-Pierre Ferland, Claude Dubois. Assise à la table d’honneur, mon voisin de droite était nul autre que Martin Gray (Au nom de tous les miens).
Parce qu’on voulait me faire profiter de l’occasion, Louise, l’épouse de Clément, m’a demandé de chanter. J’ai refusé, terrorisée à l’idée de performer Carmen (l’Habanera, il va sans dire!), car telle était la commande, devant un public qui, selon moi, n’en aurait eu cure, une pure inconnue et du classique en plus! — c’était pas très chaud à l’époque. D’autant plus que, du moment où je bois du vin et que je me retrouve dans un endroit bruyant, alors très enfumé, j’en perdais automatiquement la voix. J’aurais certainement perdu la face de n’avoir pu chanter comme il se doit. Avoir été opportuniste, j’aurais fait semblant, comme si de rien n’était, faisant de l’esbroufe avec la chanson et mon physique de l’époque. Personne n’a insisté… Tant pis?

Il m’a même déjà « reprochée » ne jamais aller le voir à son bureau, comme d’autres chanteurs le faisaient couramment! Je ne connaissais rien du lobbying et, comme je l’ai mentionné plus haut, je ne suis pas très chaude pour ces affaires-là ni très habile, je dois admettre. À part faire le maximum pour obtenir des contrats, mes projets solos étaient encore trop flous ou trop éloignés pour m’aventurer dans ce genre de contacts en dehors des demandes de bourses habituelles.

Ma dernière rencontre avec Clément Richard — je n’étais pas assez intime pour l’appeler par son prénom, bien qu’il insista, fut quelques jours avant mon départ pour Tokyo (1987) où je me rendais pour reprendre mon rôle, toujours dans La tragédie de Carmen. Il m’invita, seule, toujours au Le Prévost. S’y trouvaient quelques personnalités du monde du théâtre qui savaient qui j’étais. Une rumeur vint jusqu’à moi quelques jours plus tard… J’aurais été parfaitement incapable d’assumer, d’autant plus que « je ne suis pas voleuse d’hommes » (Vengeance ou Revanche? #3).
Ce fantasme à l’idée de la Carmen volage et mangeuse d’hommes qui m’a été accolé bien malgré moi — j’avais le physique de l’emploi, certes, mais pas la nature -, il a bien fallu que j’en sorte. C’est mon Code secret, mon « Opéra-Chansons » qui en a été le résultat, il y a une dizaine d’années.
Il n’a jamais su. J’y ai pensé… Aurais-je dû?
Tant pis.

Salut!
R.I.P.

Le sens de l’orientation

Tranche de vie…

S’il y a une chose que mon père a réussi à m’inculquer, c’est de développer mon sens de l’orientation.

J’avais 15 ans et je commençais mes cours de chant, en privé. C’était rue Marquette, coin des Érables, dans le quartier Montcalm, à Québec.
Nous habitions Beauport (nord = Ste-Gertrude). Pour des raisons d’espace, les cours de secondaire 4 et 5 (3, sais plus) se donnaient en après-midi. J’avais donc le loisir d’aller là-bas, le matin, une fois aux deux semaines (ça coûtait 9,00 $/h, donc trop cher…).

Parce que les transports en commun étaient plutôt minables, mon père venait me reconduire là-bas, en prenant bien soin de me montrer le chemin en nommant le nom des rues et les édifices à reconnaître. Fallait bien puisque je devais prendre le bus de retour jusque chez moi, terminus qui se trouvait au stationnement de chez Pollack, boulevard Charest. Et, à cause de l’horaire, j’avais amplement le temps de faire le trajet à pieds. Ce que j’adorais.
Ça m’a bien servi plus tard puisque pendant mes études universitaires, je revenais l’été à Québec pour faire la guide touristique (entre-temps, j’avais déménagé à Montréal).

Ça m’a bien servi également après mes études — j’ai eu beaucoup à voyager pour des cours de perfectionnement, auditions, concours de chant et travail. Alors, quand j’arrivais dans une nouvelle ville, je prenais grand soin de me familiariser avec le plan, à tel point que je venais à peine d’arriver et les gens me demandaient régulièrement leur chemin !
Sauf à Tokyo… faut savoir que là-bas, sauf pour les grandes artères, il n’y a pas de noms de rues !

Toute cette histoire pour mettre en contexte ceci :
Ce matin, je me rendais à St-Lambert et j’ai eu à marcher longtemps depuis le métro pour me rendre à mon rendez-vous. N’y étant encore jamais allée à pieds, j’ai trouvé ça « long longtemps » ! J’avais beau avoir regardé d’avance le plan, mais je commençais à m’inquiéter, vu que c’était loin et que je marchais depuis déjà plus de 30 minutes.
À tout hasard, je pose la question à une dame qui visiblement était dans sa promenade (fin de jugging ?) à savoir si la rue xxxxx était encore loin. Quelle fut ma surprise de me faire dire qu’elle ne connaissait pas cette rue — ou plutôt la manière de s’en débarrasser !

Se promener dans un quartier que l’on habite et ne pas connaître le nom des rues où on circule, je trouve ça drôlement inquiétant.

Maudit GPS !
Maudite paresse !

À la recherche de Keiko Ibi…

Par un concours de circonstances, je partais à la recherche de Miss Nippon 1988. Ce que je racontais dans l’article Keiko Ibi, Miss Nippon 1988. Le lendemain, je trouvais un article à son propos, Documenting the Golden Years, et que j’ai relaté dans Je l’ai trouvée!!!  Nous étions début mai.
Aujourd’hui, 1er octobre, bien que le résultat ne soit pas nécessairement positif, j’ai tout de même reçu une réponse de l’auteure de l’article Documenting the Golden Years, Sophia Harvey.
Et là, via SoundCloud, je lis une note que je n’avais pas encore lue… venant du compositeur de la trame sonore de son film The Personalsjohn califraElle serait peut-être au Texas, maintenant!!!

On aura beau dire, ça fait son chemin.
Pour ce genre de choses, je dois avouer que je suis plutôt « mardeuse », comme on dit!

Qui sait…

La voici telle que je l’ai connue:

Keiko Ibi

Keiko Ibi

Je l’ai trouvée!!!

L’article ci-joint décrit que c’est exactement la personne que je recherche.
Il ne me reste « plus » qu’à réussir à vraiment la retrouver.
J’ai tweeté son mari, Greg Pak.
J’ai aussi écrit sur un blog qui la concerne.
Le reste…

http://www.asianweek.com/031899/arts_oscars.html

Keiko Ibi, Miss Nippon 1988

Mars 1987.
Je venais d’arriver à Tokyo pour y faire une des Carmen de « La Tragédie de Carmen » de Peter Brook.
Le surlendemain de mon arrivée, laissée seule à moi-même pour me rendre au théâtre pour ma première répétition, le Ginza Seibu Theatre, dont la production en faisait l’inauguration, je me suis trompée de station de métro pour sortir, une trop tôt…
Ne reconnaissant le plan, je tente en vain de demander mon chemin, les hommes passaient leur chemin sans me regarder. Étrange.
Finalement, voyant le manège et ma détresse, une jeune fille s’approche de moi et me dit dans un anglais pas si mal « pour une japonaise » : « do you need help? »
Oh! que oui!
Lui disant ce que je cherchais, elle était ravie de même avoir un billet pour le spectacle en question! Et elle se présente comme étant la Miss Japan de l’année!!!
Elle me conduit au théâtre. Nous avons fraternisé.
Nous sommes sorties quelques fois ensemble, elle m’a amenée à un spectacle de Kabuki, et m’a même invitée chez elle, chose absolument très rare au Japon, les gens préférant recevoir au restaurant, étant gênés par la petitesse de leur logis.
Ce qui n’était pas le cas chez elle, une maison toute neuve, en plein coeur de la capitale, pourtant une famille des plus modestes.
Quelques mois plus tard, je me retrouvais à Paris, en résidence au Studio du Québec à la Cité internationale des Arts.
Elle m’y écrit une lettre d’une telle tristesse: un ami proche s’étant suicidé.
Puis, plus rien…
Je n’ai jamais pu la retracer. Même une amie qui vivait là occasionnellement n’a pas réussi.
Là, l’internet me parle d’une Keiko Ibi qui aurait gagné un Oscar pour un documentaire.
Rien ne me dit que c’est la même personne, la coiffure… l’âge…
Elle me confiait vouloir faire du cinéma…
Pourquoi, tout à coup cette anecdote? Parce qu’une amie se trouve au Japon en ce moment…