Archives du mot-clé Opéra de Montréal

Souvenirs de Jean-Paul Jeannotte

 

Nous apprenions le décès du ténor Jean-Paul Jeannotte, survenu le 9 septembre dernier. 

Il a été, certes, professeur titulaire à l’École de musique de l’Université Laval. Je fus la toute première élève à être choisie dans sa classe au niveau collégial. Ce qui m’a valu les commentaires suivants : « Tu dois être bien bonne parce qu’il ne prend que la crème, et seulement au baccalauréat! » De là à m’enfler la tête, loin de là : humblement, j’ai eu plein de croûtes à manger à partir de ce jour…

Ce qu’il faut savoir : cette année-là, il y avait eu de nombreuses inscriptions en chant, l’administration l’aura probablement obligé à prendre des élèves de niveau collégial. Comme j’avais été la seule à auditionner avec des airs classiques, notamment Vergin tutto amor, de F. Durante, ayant précédemment étudié en privé, cela faisait sans doute de moi une élève « idéale ». Oh, ma mère en était fière parce qu’elle savait qui il était (il avait gagné des prix).

Trois ans plus tard, je quittais sa classe pour suivre un professeur à Montréal, celle-là même qu’il avait invitée pour le seconder au niveau de la formation « strictement » de la voix, lui, plutôt spécialisé en interprétation. Doté d’une très grande culture, il avait une diction impeccable, et je lui dois certainement la rigueur qui fut mienne à ce niveau et qui me valut de nombreux compliments.

Non rancunier, plus tard devenu directeur artistique de l’Opéra de Montréal qu’il avait cofondé, il m’a donné la chance d’y faire mes débuts dans l’opéra « Manon » de Massenet (Rosette), puis, le Page dans « Salomé » de Richard Strauß.

Cependant, vous saurez me pardonner, je ne peux pas me priver de souligner cette amusante anecdote : il fut l’objet d’un numéro des Cyniques (Jean-Paul Lanote) lors du Bye Bye 1971!

J’ignore ce qui put lui valoir cette moquerie, Marcel Saint-Germain est tout simplement hilarant, remarquable de drôlerie (et de justesse, parce que monsieur était, disons, quelque peu précieux, n’en déplaise…). À moins que ce ne soit parce qu’il était alors président de l’Union des artistes. Jusqu’à quel point le grand public du Bye Bye le connaissait? Pas moi – j’étais bien jeune et peu connaisseure de ce milieu sélect, sinon qu’il était mon professeur depuis assez peu.

Alors, imaginez comment j’ai pu me sentir au retour des Fêtes lors de mon premier cours! J’avais du mal à me retenir de rire parce que la parodie avait été franchement impeccable.

J’ai pu retracer l’émission. À vous de juger :
0:45:24 à 0:48:09.

Or, qui ne vaut pas une risée…
RIP, Monsieur Jeannotte!

Et l’ambition?

La nouvelle ne surprend personne : Berbard Uzan (ex-directeur général et artistique de l’Opéra de Montréal) ciblé par une enquête pour harcèlement sexuel.

J’ai connu Diana Soviero au moment où elle a interprété sa superbe Traviata à l’Opéra de Montréal. J’étais dans les chœurs. Je me cherchais un professeur hors Montréal et elle m’a dirigée chez celle qui l’a formée, Marinka Gurewich, à New York.

Diana était alors mariée à un fort beau jeune homme. Quelques années plus tard, alors que Diana jouait Manon à l’OdeM et où j’y faisais mes débuts dans le personnage de Rosette, une « cocotte », elle était en instance de divorce pour épouser Bernard Uzan.

Madame Gurewich me confia qu’elle ne comprenait pas cette nouvelle union, avec un étonnement qui en disait long. Une réputation était en train de germer sur cet individu que je n’ai croisé qu’une seule fois alors que j’allais déposer un dossier à l’Atelier (de l’OdeM). Il me regarda avec tant de concupiscence que j’en ai eu la nausée… 

Pauvre Diana! C’est à ELLE que je pense… quel jeu a-t-elle donc accepté de jouer!? En est-elle sortie intacte, indemne?!

Ambition? Quand tu nous tiens…

https://www.ludwig-van.com/montreal/2018/07/27/nouvelle-bernard-uzan-cible-par-enquete-washington-post/

 

Elektra ?

Hier soir (24 novembre 2015), au sortir de la représentation de cet opéra, sur mon profil Facebook j’écrivais ceci :

Ouaip !
Elektra ?
Pour faire simple :
Une Super-Cendrillon qui venge la mort de son père sur le dos de sa marâtre de mère par les bons soins de son Prince-Charmant-Survenant de frère !

D’immenses voix dans des corps bien menus…
Ça fait du bien ! Il était grandement temps…

Mais, le CLOU de la soirée :
Le NEW-LOOK du décorum vestimentaire =
Yannick Nezet-Seguin dans son T-SHIRT NOIR émoticône smile
SU-PER !!!

Vas-y, jeune homme !
Même là, tu es bien parti, bien en selle !
Félicitations en tout !!!

Oui, faire fi des conventions. Je ne peux que souscrire !

Comme c’est rafraîchissant !

Merci, Yannick 😉

PS : Il faut savoir que Yannick Nézet-Séguin est étrangement très actif sur Facebook. Il a aimé ma publication !!!

 

Souvenirs évanescents…

Parce que j’avais l’intention de me procurer un billet pour l’opéra Elektra de Richard Strauß, bientôt à l’Opéra de Montréal, je racontais à « ma » nouvelle organiste de paroisse, Karine Bétournay, qu’à l’époque où j’allais régulièrement prendre des cours de chant à New York, je m’étais procurée un billet debout à 7$ au MET pour un opéra de Richard Strauß dont je n’arrivais pas à trouver le titre… — Je lui racontais qu’une fois sur place, quelqu’un m’avait prise par la main pour m’emmener avec lui, 3e rangée-centre ! J’avais en « pleine gueule » Kiri te Kanawa et Bernt Weikl. Quelle délectation !

De retour à la maison, je cherche dans internet : il s’agissait d’Arabella — j’y avais vu précédemment Der Rosenkavalier avec les mêmes protagonistes, en plus de la très regrettée et divine Tatiana Troyanos, distribution de rêve !

Tout en parcourant les titres, j’y vois Salome
Mais, j’ai fait Le Page, dans cette oeuvre, à l’Opéra de Montréal, en 1985 !!! J’étais en train d’oublier… 30 ans…
Une assez bonne distribution (la soprano, finissant son strip-tease dans un collant-nu…). Le ténor n’avait même pas été foutu d’arriver à la première répétition musicale avec sa partition sue ! Imaginez la colère et la fureur du chef, Franz Paul Decker
Une scénographie minimaliste du célèbre Miloš Forman et un vieux metteur en scène plutôt à oublier, celui-là.
J’étais la seule « locale »…
J’ai adoré ce rôle, bien que petit — parce que la musique, faut dire… J’étais encore relativement débutante.
Je pourrais affirmer ici que c’est le costumier qui m’a aidée à définir mon personnage — il m’aimait d’ailleurs beaucoup (j’ai malheureusement oublié son nom* et l’OdeM ne publie pas le contenu de ses archives aussi loin dans sa petite histoire…) : il m’a demandé pourquoi je me tenais ainsi recroquevillée, je lui ai répondu que c’est le metteur en scène qui m’avait suggéré cette attitude, à cause de la peur. Aussi, il m’a avoué honnêtement que c’était très vilain à voir et m’a demandé de me tenir droite et que ça aurait un bien meilleur impact…

Comme de quoi !

Ce ne sera pas la dernière fois qu’un costumier-scénographe-accessoiriste aura une meilleure vision du spectacle que le metteur en scène, que cette fois-là j’avais engagé…
Mais ça, c’est une autre histoire, moins évanescente, figurez-vous…

*Il s’agit de Claude Girard (17 janvier 2017)