Archives du mot-clé Mère

La cruauté (suite)

18 avril 2017, 21h15. Je termine enfin ce roman, commencé il y a déjà plus de six mois : La femme qui fuit.

Ça fait toujours aussi mal.

À cette époque, à moins d’entrer en religion ou rester vieille fille, peu de femmes ne pouvaient éviter aisément la famille. Elles ont dû assumer. Tant bien que mal.

La fuite. L’abandon. Énigme ?

« Tu lui souris parce que tu sais que tu ne sauras jamais t’excuser. Tu sais que le pardon à implorer est trop immense. »

Il y en a que la culpabilité n’atteint pas…

La fuite ultime : refuge dans le bouddhisme. État spirituel ? Douteux. Davantage un asile sûr, loin des responsabilités du quotidien. Se vider l’esprit; bientôt l’anesthésie.

Je connais bien une mère qui, aussi, s’est réfugiée dans une autre religion. Pour fuir. À son tour. Là, le charmeur, porteur de certitudes, a fait son oeuvre…

L’enfant, empêchement à la réalisation de soi ? Faut croire que oui, même si je sais qu’il peut épanouir. Cette fuite n’est certes pas l’apanage des femmes…

Mais fuir quoi, qui ? Soi-même ?

L’héroïne de ce roman n’est pas celle qu’on pense. L’abandonnée. Celle qui toute sa vie durant n’a pas lâché le morceau. Manon Barbeau.

 

Publicités

Vous voulez vous débarrasser de vos vieux ?

Envoyez-les à l’hôpital !
Bien sûr, je suis cynique. À l’heure où l’on vit de plus en plus longtemps, à l’heure de l’aide médicale à mourir, combien d’entre nous ne serons jamais assez malades pour y avoir accès ?

Ici, c’est, entre autres, l’histoire de ma tante, la dernière survivante de la grande famille de mon père. Elle s’en allait sur ses 100 ans. Une chute l’amène à l’hôpital. Physiothérapie pendant plusieurs semaines. À la veille de son congé, paf ! : une maladie nocosomiale. Trois jours plus tard, terminé. Partie!

Ma mère ? Elle aussi, après une longue pneumonie, prenait du mieux. Regain d’énergie, elle s’accroche… C Difficile. Puis enfin (!), une parotidite. C’est ce qui l’a rachevée. Comment, diable, a-t-elle pu attraper ça ?!? Pour en avoir moi-même souffert l’an passé, des suites d’anesthésie pour obturation de molaire, je sais à quel point ça peut être souffrant. Et je ne suis pas douillette !

Mon père, lui ? C’est une autre histoire. Ça faisait dix bonnes années qu’il espérait en finir… Plus aucune qualité de vie : ne voit presque plus rien, n’entend presque plus rien, à moitié paralysé des suites d’un AVC… Une infection urinaire traitée probablement trop tard – papa ne se plaignait jamais; on ne pouvait jamais deviner qu’il souffrait… Probablement pour ne pas qu’on le soigne; ça ira plus vite…
N’en pouvant plus, il a arraché sa sonde. Il a failli en mourir. À partir de là, déclin assuré. Ça a marché une première fois ? Il se serait essayé une deuxième fois. Fatal !

Combien d’histoires comme ça où des vieux ne peuvent abréger leurs souffrances pour des raisons éthiques, d’autres parce qu’ayant perdu la raison ? Leur seul « remède » ? Oui, les envoyer à l’hôpital. Un constat inquiétant…

Photo Michel Parent

La cruauté

Il y a déjà plusieurs mois que j’ai acheté La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavallette. Puis, j’ai attendu quelques mois encore avant de me décider à le lire.
Dès la première page, souffrant. Alors, j’en lis quelques-unes à la fois. De temps en temps. Très souffrant.
Étant donné qu’on connaît déjà l’issue… — quand on a vu le documentaire de la mère : Les enfants du Refus global de Manon Barbeau.

L’autre roman qui m’a autant, sinon davantage remuée : L’obéissance de Suzanne Jacob. Inconsciemment une source d’inspiration…

L’abandon et l’aliénation : cruauté mentale.

Parce qu’une mère, ou plutôt une femme qui a enfanté, n’a même pas besoin de se rendre jusque-là — ni partir ni tuer, pour un même résultat.
Et si par malheur le « bon » Dieu s’en mêle…

Photo Michel Parent

Au-delà du rêve ?

« […] Je vais m’en occuper […] J’avais tellement confiance, je l’aimais tellement ! […] »
Joselito Michaud : « Êtes-vous encore émue quand vous entendez Céline chanter ?
— Oui ! Ça, là, oui !
» Thérèse Tanguay Dion, Céline, au-delà du rêve.

Yannick Nézet-Séguin, Gregory Charles et Céline Dion, le point commun : Leur mère ! Le fondement même de leur succès.

« Et toi ? », me direz-vous.

Photo Michel Parent

D’aimer

« L’amour ne peut pas penser à l’amour, on ne peut pas le cultiver, on ne peut pas s’y exercer. S’entraîner à aimer, à sentir la fraternité humaine, est encore dans le champ de l’esprit, donc ce n’est pas de l’amour. Lorsque tout cela s’est arrêté, l’amour entre en existence et alors on sait ce qu’est aimer. » Krishnamurti

Je ne connais pas l’origine de ce texte, je n’ai jamais lu Krishnamurti. À l’époque où on m’y invitait avec force culpabilité, j’ai tourné le dos à tout ça, développant presqu’une aversion à la chose spirituelle. Pour y revenir au compte-goutte bien des années plus tard, mais de mon propre chef.

Or, cette citation, qui arrive à point, provient d’un ouvrage scolaire que je consulte par nécessité. Comme de quoi…

Là où je veux en venir, c’est que dans ma chanson Prière à ma mère, qu’on ne trouve pas sur l’album mais qui est au cœur de l’œuvre totale, je fais appel à l’amour, justement, et dans ces termes :

[…]
Aimer, est un don…
Gratuit !
Il est faux de prétendre
Qu’on ne peut donner
Ce qu’on n’a pas reçu.
Il se peut de le cultiver.
[…]
L’amour,
Ça se mérite…
Par l’amour.
Non le sacrifice.
© Christine Lemelin

J’ignore si j’avais raison ou pas, mais une chose que je sais : est d’avoir écrit ce texte avec ferveur, sincérité et authenticité. Ça, personne ne peut en douter.

L’amour… Oui, qu’est-ce donc l’amour ?

Elektra ?

Hier soir (24 novembre 2015), au sortir de la représentation de cet opéra, sur mon profil Facebook j’écrivais ceci :

Ouaip !
Elektra ?
Pour faire simple :
Une Super-Cendrillon qui venge la mort de son père sur le dos de sa marâtre de mère par les bons soins de son Prince-Charmant-Survenant de frère !

D’immenses voix dans des corps bien menus…
Ça fait du bien ! Il était grandement temps…

Mais, le CLOU de la soirée :
Le NEW-LOOK du décorum vestimentaire =
Yannick Nezet-Seguin dans son T-SHIRT NOIR émoticône smile
SU-PER !!!

Vas-y, jeune homme !
Même là, tu es bien parti, bien en selle !
Félicitations en tout !!!

Oui, faire fi des conventions. Je ne peux que souscrire !

Comme c’est rafraîchissant !

Merci, Yannick 😉

PS : Il faut savoir que Yannick Nézet-Séguin est étrangement très actif sur Facebook. Il a aimé ma publication !!!

 

Photo Michel Parent

Du rituel de deuil

Ce matin (samedi, 21 février 2015), c’était la première fois que je chantais à des funérailles depuis celles de ma mère, tenues le 31 janvier 2015.

Personnellement, j’ai toujours été très réfractaire au rituel, alors que la musique et le théâtre sont pourtant eux-mêmes très ritualisés.
Je pratique le Kyudo (Tir à l’arc japonais), cet art martial méditatif, depuis maintenant 12 ans. Et Dieu sait à quel point j’ai peiné à accepter tant de ritualisation dans chaque geste et l’aborder dans une dimension strictement spirituelle, et ce, au final, pour mon plus grand bien.

Il y a une grande perte de rituel, maintenant, entourant le départ d’un être humain, affirme-t-on. Mais, croyez-moi, même si les rituels de la religion catholique avaient l’heur de m’agacer, je dois avouer aujourd’hui qu’on est bienheureux de les avoir encore…

Aux funérailles de ma mère, aucun rite, aucun rituel — pas de communion ni d’encens, ni même d’eau bénite, et pas le moindre cierge… Pire, le cortège de sortie a été complètement raté ! Au diable le sacré ! Là où il prend vraiment tout son sens — le sacré, une autre affaire qui ne m’avait encore jamais vraiment touchée !!!
Heureusement, il y a eu les vibrants témoignages de mon frère Christian et de ma filleule Annie, une lecture bien sentie de mon neveu Dominique et mes humbles chants… Sinon…

Or, mis à part la participation sensible des membres de ma famille — ma soeur Paryse et mon frère Jocelyn, parce qu’en toute simplicité, le rituel d’adieu à ma chatte a été drôlement plus accompli !

N’y voyez aucune nostalgie religieuse. Mais, oui, ce matin, j’ai réalisé à quel point ces « petits rien » m’ont manqués ce jour-là…

Samedi, 28 février 2015 :
Comme par hasard, j’entendais ce matin à l’émission Samedi et rien d’autre — audio fil à 03:19:17, une entrevue avec l’auteur Alain Roy sur le rituel, sujet qui a fait l’objet d’un numéro du magazine L’inconvénient, « Le marché du rituel »,  et qui vient de paraître.

Comme de quoi, se croire « chrétien »…