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« Mon » René Lévesque : c’était il y a 30 ans !

J’étais boursière du Studio du Québec à Paris, à la Cité internationale des arts, et c’est le lendemain du décès de René Lévesque, le 2 novembre, que le Service culturel de la Délégation du Québec me « court » après.

Pour m’apprendre la nouvelle et ainsi me demander de chanter à la cérémonie commémorative, laquelle eut lieu, le 7 novembre, en l’église St-Philippe-du-Roule, faubourg St-Honoré.

Parce que ce 2 novembre fut également le décès de Yoland Guérard — chanteur d’opéra et animateur télé fort connu pour son implication dans la diffusion de la culture sous toutes ses formes — alors directeur du Centre culturel canadien à Paris, d’où j’arrivais, mais sans avoir pu le rencontrer tel que prévu…

L’anecdote rocambolesque est racontée plus en détail dans mon billet En souvenir de René Lévesque, publié il y a cinq ans.

Souvenirs… souvenirs…

 

 

 

 

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Choisir son public ?

Ce matin, on nous apprenait le décès de Pierre Lalonde. J’ai grandi avec Jeunesse d’aujourd’hui. C’est par rien !
À la radio, on nous faisait entendre ses succès. Mais également là où il voulait amener son public. On y a donc diffusé une chanson que j’ignorais. Un air de Stéphane Venne. Un style tout à fait nouveau pour lui, où l’on percevait enfin une voix sans artifice, pure. La sienne, véritable.
Or, le public n’a pas suivi. Pierre Lalonde s’est donc recyclé en homme d’affaires plutôt que de rester captif d’un public qui ne comprenait pas son nouvel élan, là où était son désir « d’élévation ».

Même histoire pour Donald Lautrec. Souvenez-vous de Le mur derrière la grange. Cet album fut un flop monumental alors que le projet, lui aussi, s’avérait d’une qualité non équivoque. Au lieu de rester captif d’un public qui semblait refuser de comprendre, il s’est recyclé à son tour en homme d’affaires prospère et sortir enfin des feux de la rampe.

C’est tout le contraire avec Ginette Reno. Alors qu’elle aurait pu devenir une des plus grandes chanteuses de jazz, elle a choisi son public, prétextant qu’il ne la suivrait pas. Avait-elle raison ? Financièrement, sans doute. Artistiquement, c’est discutable.

La vraie gagnante dans tout ça : Renée Claude !
Telle est mon opinion.

Faisant carrière comme interprète de chansonniers « obscurs », les chansons de Stéphane Venne, pourtant à la même époque que Pierre Lalonde, ont fait d’elle une star. Elle a ainsi conquis un nouveau public !
Gagnante, parce qu’elle a persisté à imposer à ces fans ses goûts et ses désirs en lui offrant, au moins, trois spectacles remarquables : Clémence, Brassens et Ferré. Très pointu comme contenu, mais ainsi, elle a su respecter son intégrité artistique.
Certes, elle n’a jamais vécu aussi richement, semble-t-il, par contre, elle a toujours offert un produit à haute teneur artistique en plus d’être reconnue à sa juste valeur par le milieu. Il ne reste qu’à l’Adisq de se manifester…

La rançon de la gloire, est-ce le prix à payer pour avoir un public ?

Cabanes à chats (pour Noël)…

Au détour d’une promenade ce matin (24 décembre), question de capter de la bonne énergie pour ce soir, je suis allée dans un cul-de-sac près de chez moi où j’avais repéré, à mon arrivée dans le quartier, au ras d’une église, une cabane avec cartons et tapis pour les chats errants, fabriquée de toute évidence par un-e/des résident-e-s du coin.

Hélas! plus de cabane!
Sniff!!
Heureusement, dans une magnifique ruelle verte pas loin, collée au flanc d’une autre église (coïncidence?), des résidents y ont installé un « bac à chats » bien garni.

Il y aura donc un, deux ou trois minous qui pourront passer l’hiver à l’abri, à défaut d’être au chaud, quand cet hiver se décidera enfin à arriver…

Je les en remercie, car c’est à -20˚C que notre feu-Minette nous était venue « du ciel », il y a bientôt 18 ans…

Minette

 

 

Photo Michel Parent

Marchands d’illusions…

Des événements ponctuels, comme le décès de personnes significatives, font remonter à la surface bien des illusions entretenues par des mensonges et des promesses non tenues, cela n’ayant été que pure manipulation.

Comme se faire dire, lors de l’audition de ta vie (La Tragédie de Carmen à New York), par un ex-directeur de l’Opéra de Paris, Bernard Lefort, pour ne pas le nommer, recruté par Peter Brook pour entreprendre des auditions pan-américaines, dont le Canada (il m’avait déjà sélectionnée à Montréal), en te faisant miroiter la promesse de tournées pan-américaine et mondiale : « Mademoiselle, dans la vie, on chante ou on ne chante pas ! »…

Parce que toi, parmi d’autres engagements professionnels à annuler, tu dois choisir sur-le-champ, oui, sur-le-champ !, entre chanter Carmen, à New York, la célèbre version de Peter Brook en plus !, et enseigner (somme toute temporairement) au Cégep de Drummondville… Torture mentale !
L’appel des « sirènes » est trop fort !

À partir de là, tout le monde est parti pour la gloire à ta place (re : Le Trophée). On te croit maintenant lancée ! Seule toi, sais à quel point tu as encore des croûtes à manger…

Mais tu ne réalises pas encore que, à peine sortie de l’université, à un moment bien précis, tu perdais déjà le contrôle de ta vie, par « innocence », par (abus de) confiance…
Ce n’était que le début d’une série de promesses, d’un « merveilleux désastre » !
« Paroles, paroles, paroles… », comme dit si bien la chanson !

Et toi, avec forces maladresses, tu ré-agis tant bien que mal… (re : Elle s’appelle « Personne »).

La rage, la colère, la déception, la peine, la désillusion, et quoi encore, ont eu l’heur de pouvoir se déposer par l’écriture (re : Hymn’Mortels). Ça aura donné « l’oeuvre de ta vie » : l’album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons » et le spectacle qui a suivi, L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret.

Que de rêves…
Que d’illusions…

Écrire. Oui, écrire parce qu’urgence il y avait.
Sans calcul, sans même avoir été un objectif, la catharsis a-t-elle vraiment eu lieu ?

"La Tragédie de Carmen" de Peter Brook, avril'84

« La Tragédie de Carmen » de Peter Brook, avril’84

Mon corps prémonitoire…

Toute ma vie j’ai été confrontée avec des vibrations qui ne m’annonçaient rien de bon. Des vibrations que je ne pouvais associer à rien mais qui, inéluctablement, me prévenaient qu’il s’agirait d’un événement dramatique pour lequel je ne pouvais absolument rien faire pour renverser la situation. Association bien après les faits…
Avec pour résultat cet album et le spectacle qui en découle…

Ce matin, en apprenant la tragique nouvelle concernant un ami, un collègue de très longue date de mon compagnon de vie, j’ai ressenti les mêmes vibrations qu’hier, alors que mon conjoint était alerté parce qu’on craignait sérieusement pour lui, artiste aussi fragile et vulnérable que talentueux… Avec des yeux…

Mon corps savait, lui. Il avait compris, bien avant mon intellect, comme toujours, que le sort en était jeté pour lui — alea jacta est.

Vous comprendrez que je préférerais ressentir des vibrations annonçant de meilleures augures…

Avec grande tristesse nous te pleurons, cher ami Benoît Brodeur…
R.I.P.

R.I.P. Gaston Germain

C’est avec une immense tristesse que j’apprenais ce matin le décès de Gaston Germain.
Parce qu’il n’était muni d’absolument aucun préjugé à mon endroit, il a daigné m’accorder une Maîtrise en Interprétation-chant, à l’Université de Montréal, et ce, bien malgré la volonté du professeur que j’avais jusqu’alors…

C’est après mes années new-yorkaises que je suis allée vers son enseignement. C’est ainsi que j’ai appris à connaître la grandeur d’âme de cet homme, à travers des souffrances communes partagées qui nous ont faits un peu complices…

Aucunement jaloux ni possessif, c’est par son intermédiaire que j’ai pu aller prendre quelques leçons à Londres, chez la grande Vera Roszá, grâce à une bourse de perfectionnement, la dernière, mais la plus pertinente que j’aurai obtenue. Ce qui a été des plus déterminants pour la suite des choses concernant la nature de ma voix et ce que j’en ferais plus tard.

Comment peut-on oublier cette magnifique voix grave et sonore ! Et que dire de son rire quand le vecchio maledetto téléphonait pour souhaiter bonne fête à Madame Le-me-lin…

N’eût été sa bienveillante clairvoyance et son encouragement indéfectible, et surtout son entêtement à me faire croire, moi, que j’avais, oui, une belle voix, qui sait si j’aurais réussi à persévérer dans cette voie difficile et olympienne du chant classique, mais particulièrement son soutien sans équivoque devant mes élans de créativité où j’ai pu enfin reconnaître la vraie nature de cette voix et la manière originale dont j’ai pu m’y prendre pour la déployer à son meilleur.

Je lui dois une infinie reconnaissance. C’est bien malgré moi que je n’ai pu le revoir récemment mais je sais qu’il n’en doutait point.

Andrée, son amour de toujours, sait déjà tout ça. À cet amour, mes plus sincères condoléances et mon amitié loyale.

Salut, Gaston !

Diseuse : une dynastie en voie de disparition

…De retour du récital d’adieu de la Grande Greco : É-mou-vant !…

Avec le décès récent de Patachou (30-04-15), Juliette Greco est bel et bien la dernière représentante de cette lignée de chanteuses que l’on nommait, à raison, « diseuses ».

Nous entendons « diseuses » ces chanteuses, souvent dotées de voix magnifiques — Cora Vaucaire, Juliette Greco, Patachou… — pour qui le texte, le sens, était placé au faîte de l’art de la chanson, celui-ci étant le message. La musique son support, la voix, l’humble véhicule.

Ces artistes auront toujours quelque chose à nous apprendre d’un art dont le style semble désormais révolu, celui de la transmission du sens, du verbe par cette élocution qui permet de l’entendre, de le comprendre. Ces diseuses ont appris à dire, déclamer un texte, à l’articuler dans le plus grand respect de la musique qui a permis à cet art mineur, comme disait Serge Gainsbourg, de se rendre jusqu’à nous, nous faire vibrer, nous émouvoir.

Chez nous, au Québec, encore active, Danielle Oddera est bien la dernière à pouvoir encore faire la « démonstration » de cet art si noble.

Aujourd’hui, la voix aura-t-elle pris le dessus ? Le contenant au détriment du contenu…

Formée à l’art lyrique, il m’aura pris toutes ces années pou en « revenir »… Cet instrument qu’est la voix sera, certes, toujours une source de recherche et de questionnements. Elle est là pour servir un texte, une musique et l’émotion qui en découlent. Car la voix ne trompe pas. Elle est le reflet du SOI. Un précieux don à respecter.

Diseuses : je ne me lasserai jamais d’écouter attentivement ces « anciennes ». Comme la mode finit toujours par revenir, qui sait…

Merci, Juliette !