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Diseuse : une dynastie en voie de disparition

…De retour du récital d’adieu de la Grande Greco : É-mou-vant !…

Avec le décès récent de Patachou (30-04-15), Juliette Greco est bel et bien la dernière représentante de cette lignée de chanteuses que l’on nommait, à raison, « diseuses ».

Nous entendons « diseuses » ces chanteuses, souvent dotées de voix magnifiques — Cora Vaucaire, Juliette Greco, Patachou… — pour qui le texte, le sens, était placé au faîte de l’art de la chanson, celui-ci étant le message. La musique son support, la voix, l’humble véhicule.

Ces artistes auront toujours quelque chose à nous apprendre d’un art dont le style semble désormais révolu, celui de la transmission du sens, du verbe par cette élocution qui permet de l’entendre, de le comprendre. Ces diseuses ont appris à dire, déclamer un texte, à l’articuler dans le plus grand respect de la musique qui a permis à cet art mineur, comme disait Serge Gainsbourg, de se rendre jusqu’à nous, nous faire vibrer, nous émouvoir.

Chez nous, au Québec, encore active, Danielle Oddera est bien la dernière à pouvoir encore faire la « démonstration » de cet art si noble.

Aujourd’hui, la voix aura-t-elle pris le dessus ? Le contenant au détriment du contenu…

Formée à l’art lyrique, il m’aura pris toutes ces années pou en « revenir »… Cet instrument qu’est la voix sera, certes, toujours une source de recherche et de questionnements. Elle est là pour servir un texte, une musique et l’émotion qui en découlent. Car la voix ne trompe pas. Elle est le reflet du SOI. Un précieux don à respecter.

Diseuses : je ne me lasserai jamais d’écouter attentivement ces « anciennes ». Comme la mode finit toujours par revenir, qui sait…

Merci, Juliette !

Photo Michel Parent

Être de son temps ?

Dans La Presse de ce matin (2 mai), à propos du Festival d’Opéra de Québec et l’oeuvre qui sera mise en scène par Robert Lepage, L’Amour de loin, de Kaija Saariaho, je lisais ceci :

Les marionnettes sont de plus en plus utilisées au théâtre ou à l’opéra. C’est une façon de raconter une histoire […]

J’ai voulu être modeste dans la réation de L’«Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. Même que je trouvais que je ne réinventais pas la roue ! J’ai simplement créé un pantin additionné de quelques éléments technologiques.
J’ignorais ce qui semble maintenant être à la mode… comme de quoi…

Photo Michel Parent

En réponse à la question…

Comment définiriez-vous votre style, ce que vous faites ?

Après des années à dire :
Non, ce n’est pas De l’opéra;
Après des années à dire :
Oui, ce sont des chansons;
Après des années à dire :
Non, ce n’est pas de la pop;
Après des années à dire:
Oui, c’est UN opéra !

Je répondrais donc ceci :
Je fais du lyrique moderne
sans le cliché qui va avec…
Je fais de la chanson française moderne
tout en étant accessible.

Ainsi, en est-il ici de la rencontre entre
Rufus Wainwright et La Callas
ou encore
Francis Poulenc et La Dufresne

Donc,
L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret
n’est pas DE l’opéra mais UN opéra.

Car, tel un slogan :
La chanson, c’est ça aussi ;
C’est aussi ça, l’opéra !

 

Photo Michel Parent

Du chaos au spirituel…

Dans la préface de Philippe Sers introduisant le livre de Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, nous lisons ceci :

« Il y a dans l’œuvre d’art la révélation d’une réalité supérieure inaccessible au discours de la raison et elle devient par une coïncidence inouïe dans le même mouvement le support d’une méditation métaphysique. Elle est à la fois le support de la méditation et l’image de l’itinéraire.
[…] La valeur n’est pas esthétique. Une œuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul.
[…] c’est l’âme des moyens de l’art qui lui (Kandinsky) répond dans cette correspondance entre musique et peinture, confirmant la vocation de l’art et son pouvoir […]
(Repris de Regards) « Chaque œuvre naît, du point de vue technique, exactement comme naquit le cosmos… Par des catastrophes qui, à partir des grondements chaotiques des instruments, finissent par faire une symphonie que l’on nomme musique des sphères. La création d’une œuvre, c’est la création du monde. »

Cela m’émeut parce que c’est dans un immense chaos que j’ai créé L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. J’ai réellement vécu une renaissance, une résurrection. Le rapport avec le spirituel est indéfinissable mais il a été nettement ressenti par le public.
Se faire dire être resté absorbé pendant quelques jours par cette présentation ou encore que je dégageais une aura perceptible demeure un immense cadeau autant qu’un privilège. Je n’aurai pas tant oeuvré en vain.

Une question demeure : pourrai-je jamais le représenter ?

Photo: Michel Parent

L’« Opéra-Chansons » ou… la peur du ridicule

Oui, la peur du ridicule m’a habitée pendant toutes ces années où j’ai résisté à la publication de ces chansons, encore plus de les présenter sur scène.

Un saut dans le vide, que fut cette aventure…

Toucher les coeurs, mission difficile mais apparemment réussie.

Aussi, je me permettrais d’emprunter le témoignage d’une collègue,
Solange Lessard : « Tu m’as impressionnée par toute ta théatralité, la beauté de la voix au service de chansons vraiment spéciales… », 11 mai 2014
Ainsi que celui de Suzanne Maurice, mon accessoiriste et amie :
« Merci Belle ‪Christine, j’arrête pas de fredonner tes chansons tellement elles m’habitent… Un spectacle fascinant, de poésie musicale toute en finesse… », 14 mai 2014

Encore 2 représentations :
Dimanche, 18 mai – 16h00
Mardi, 20 mai – 19h00

BAIN MATHIEU
2915, rue Ontario Est (métro Frontenac)

N’ayez pas peur !
Plongerez-vous avec moi ?

 

 

 

Photo: Michel Parent

Ma Première

Ce fut une très petite salle, mais ô combien belle !

Des coeurs touchés !

N’est-ce pas le but ultime !

Les avoir touchés, comment, par quelle-s chanson-s, je l’ignore. C’est le « Code secret » de ces coeurs.

Je remercie d’autant plus ces personnes qui ont bravé le beau temps, inéluctable…

Je vous attends Dimanche, 18 mai — 16 h 00
et Mardi, 20 mai — 19 h 00
Au plaisir !
AG Photographe PLB Design

L’« Opéra-Chansons » : C’est demain !

Oui, c’est demain !
Enfin, ma Première
Oui, c’est une course contre la montre !
Je vais (on va – Les Productions « La Fille de l’Île ») y arriver…
Sur la peau de fesses !

Eh ! oui, il fera beau !

Oui, c’est la Fête des Mères…
Vous qui l’êtes, peut-être, qui en avez une, c’est pour vous, pour elle, vos filles – et vos garçons et/ou leur conjoint, et le vôtre, par ricochet…

Une histoire de femme ?
Universelle, pourtant…

Avec moi, venez partager cette exploration en chansons, en « opéra »
Accompagnez-moi dans cette aventure…

Au plaisir de vous y voir !

 

AG Photographe PLB Design

L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret

Il fera beau ? Qu’à cela ne tienne !

C’est en toute modestie que Les Productions « La Fille de l’Île » vous proposent d’assister à ce spectacle conçu (texte, musique et mise en scène) et interprété par Christine Lemelin.

BAIN MATHIEU
2915, rue Ontario Est, Montréal (Métro Frontenac)

11 et 18 mai 2014 — 16h00
20 mai — 19h00

Contribution volontaire — jumelée à une levée de fonds

Qui n’aime pas se faire conter des histoires ?

Ici, une histoire en chansons. Une mise en abyme. Un « drame » chanté. Et qui dit drame, dit opéra. On aura beau sortir la fille de l’opéra…

Voici enfin la création du spectacle dont la trame principale est parue en format CD sous le titre WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ». Porteur de rêves que ce métier d’artiste, avec toutes les illusions que cela peut susciter, bien malgré soi. Histoire à laquelle lui est opposée une réalité crue, brutale – solitude, isolement, abandon. Or, si on ne peut plus rêver…

En résidence au Bain Mathieu pour préparer la création de son « Opéra-Chansons », Christine Lemelin vous convie à partager le fruit de son exploration : acoustique, sans accompagnateur, sans filet. Bien que celui-ci soit de l’ordre de l’intime et du confidentiel, l’opéra n’est-il pas l’art suprême en art « dramatique » ? À faire rêver plus d’un créateur…

Somme toute, la chanson, et par conséquent l’opéra, est un moyen plus qu’un but : le véhicule du sujet, toujours d’actualité, car « la » réalité ne défie-t-elle pas le passage du temps ?

Plongez ! Mouillez-vous !!!

Artisanal ?!?

Il y a de ces projets qui, comme fut le mien, sont difficiles à caser dans cette industrie qu’est la chanson. Plutôt que s’obstiner, aussi bien faire comme d’habitude : se débrouiller toute seule !

Pour certains, « artisanal » veut dire « amateur », dans le sens péjoratif du terme. Veut dire aussi « sans le sous », idem.

Pourtant, ce n’est pas d’hier que des productions de qualité soient faites dans des conditions minimales, voire précaires. À plus forte raison depuis l’avènement des nouvelles technologies.

Or, si on veut un produit de qualité, même artisanal, faut s’en donner la peine !

Avoir enregistré mon album chez Planet ne veut pas dire que j’aurais été plus satisfaite que dans mon pseudo « studio-maison ». Ça m’aurait probablement juste coûté plus cher… Pour ce qui est du contrôle du produit final ?!?
Or, j’ai voulu un produit de qualité et pour ça, il a fallu quand même y mettre le prix.

WXYZ… Code secret a été fait en DUO. Avec la précieuse collaboration de Réal Léveillé, au piano, à la programmation et à la réalisation.
Pendant de longs mois, nous avons travaillé avec le plus grand sérieux à faire en sorte que mes chansons soient au mieux représentées musicalement et vocalement.

C’était sans compter les imprévus…

J’ai fait affaire à des professionnels pour le sauvetage d’une chanson-clé de l’album, un problème technique en cours d’enregistrement nous avait échappé. Or, musicalement, la pièce était in-tou-cha-ble ! Une tentative de refaire mon chant ne fut pas fructueuse, je n’arrivais pas à la cheville de ce « moment de grâce ».

En parallèle, un matriçage désastreux – le travail original était à ce point méconnaissable, m’a obligée de prendre une décision majeure : nous allions nous en occuper nous-mêmes ! Avec dépenses à l’avenant…
Cette expérience décevante a pourtant été une leçon extraordinaire qu’aucune université aurait pu me fournir ! J’en suis très reconnaissante d’autant plus que j’avais été dans une très bonne disposition. Ce technicien aimait beaucoup mon matériel et il régnait entre nous une très belle entente et harmonie. J’avais apprécié chaque minute passée avec lui. Précieux !
Déçu, voire insulté, il avait eu beau me reprocher de n’avoir pas fait mes « devoirs », dans la précipitation de ce matriçage, il ne m’avait pas donné le temps ou l’occasion de les avoir faits ni d’avoir du recul sur le produit en cours de travail.
Je n’ai donc pas accepté de le rembourser : je n’ai pas l’habitude de ne pas payer les gens qui travaillent pour moi.  

Ainsi, semaine après semaine, Réal et moi travaillions intensivement à ce mixage. Réal était même arrivé à encore améliorer le sauvetage de cette chanson-clé.
Or, nous étions sur le point de boucler le tout que moi, entêtée, je réécoute encore l’original et je suis persuadée qu’il faut tout reprendre depuis le début !
Et Réal a trouvé LA solution… Et c’est à s’y méprendre !

Ainsi, rien qu’à elle seule, cette pièce m’aura coûté vraiment très cher, mais un entêtement que je considère plus que positif.

Et le temps que nous avons passé ensemble, Réal et moi, le plaisir que nous avons eu à travailler et l’expérience qui en a découlé en vaut largement le prix.

Et je n’ai absolument rien à envier à ces productions, plus léchées, peut-être, mais qui n’ont pas forcément l’âme que nous y avons mis. Et en prime, artistiquement, j’ai eu le plein contrôle de mon « oeuvre ».
Ceci n’a PAS de prix !

Et maintenant…

Et maintenant ?
En rétrospective, après le lancement de WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons »j’avais commencé un travail d’ordre technique sur la préparation de la version spectacle/tour de chant. Interrompu pour les raisons citées dans les 3 épisodes de C’est là où j’ai dû m’arrêter.

En parallèle, j’administrais, à toute fin pratique seule, un OBNL du nom de Productions « La Fille de l’Île », créé principalement pour soutenir mes projets qui marient habilement le répertoire de mélodie classique – française notamment – (et non d’opéra !) et le théâtre.
Or, le 2 décembre 2012, autre tuile : survint le décès subit d’un de mes administrateurs ! Trois administrateurs minimum oblige : urgence de remplacer. Ce n’est déjà pas évident. Tant qu’à y être, aussi bien repartir à neuf.
Ce qui fut fait, il y a 2 jours, soit le 24 septembre dernier. Merci à mes nouveaux partenaires Lucie Mayer et Philippe Bocher de se prêter à l’aventure.

Parce que mon projet étant, par certains, considéré comme marginal, hors norme, plus théâtral que chansonnier – pourtant, les 2 ne sont pas si incompatibles, quand on pense à Brel – embrassant également tout autant le jazz et la musique classique, il n’est donc pas impossible que le projet soit produit par l’intermédiaire de cet OBNL.

Depuis maintenant quelques semaines, je me suis affairée de nouveau sur la préparation technique de cet « Opéra-Chansons ». Un grand défi technologique m’attend !

Comme ça fait déjà longtemps que sur papier ce spectacle/tour de chant est prêt, vous n’avez pas idée comme j’ai hâte !

Et avoir maintenant une équipe de base pour me soutenir, m’appuyer, me donne des ailes !

Merci de me suivre à votre tour.