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Ne pas faire comme les autres = Marque de commerce…

Vous savez, il y a de ces choses de la vie que l’on ne fait pas par choix mais bien par instinct.

On me l’a dit/servi souvent, celle-là : « Toi, tu ne veux jamais rien faire comme les autres ! », et pas toujours sur le ton du compliment…

On ne se marginalise pas comme ça, par snobisme. On est à la recherche de quelque chose qu’on ignore parfaitement, d’indiscible, mais quelque chose de grand, certainement plus grand que soi.

Or, ça remonte à tellement loin qu’on n’imagine même pas à quel point !

Je viens de tomber sur le programme du premier récital donné tout juste à la fin de mes études de maîtrise en chant (Université de Montréal), donné chez moi, à Québec, à l’Institut Canadien, une salle merveilleuse qui, hélas, n’existe plus.

De la présentation, au programme, qu’en avait alors faite mon frère Christian*, je n’avais retenu qu’il avait toujours cru que mon idole avait été Petula Clark alors qu’à ce moment, j’avais complètement oublié cette anecdote, vu que j’avais, pour de longues années, relégué la musique de variétés et/ou populaire aux oubliettes depuis que je m’étais totalement investie dans mes études de chant classique. Un rappel qui m’avait frappée et touchée en même temps.

Aujourd’hui, en relisant ce très beau texte, quelle n’est pas ma surprise de constater à quel point cette « marque de commerce » n’est surtout pas récente… : « […] car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus. »

Ceux qui ont acheté et écouté mon album et/ou vu mon « Opéra-Chansons » sauront peut-être lire entre les lignes, y détecter un certain Code secret

Voici le contenu de ce premier programme qui sera probablement le moins original de ma carrière… Mais, faut bien débuter en quelque part…

* Texte que voici :

CHRISTINE
LEMELIN

Sa première idole fut peut-être Petula Clark. À l’époque, quand cette chanteuse britannique était au faîte de sa carrière, Christine écoutait ses chansons, sur un tourne-disque qui ne valait pas un rond. L’électronique n’avait pas encore fait les merveilles que nous connaissons même si tout cela ne remonte pas à si loin.
Elle écoutait, écoutait, et, petit à petit, assimilait ce qui l’intéressait, pour, par la suite, le reproduire au profit de parents et amis. Déjà, elle avait une bonne voix, une voix plus forte que celle des autres. Elle l’avait sans doute formée dans ses nombreuses répliques, à l’endroit de son « achalant » de grand frère. Oui, sans doute!
Puis, au fil des mois et des ans, son goût pour le chant est devenu une passion, mais ce n’est pas dans la foulée de Petula qu’elle allait s’embarquer, car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus.
Ainsi, elle apprit le piano et le chant, avec les meilleurs professeurs de Québec et de Montréal, assure-t-elle, ceux-là qui, si elle n’avait pas eu le talent, auraient certainement tout fait pour la dissuader d’entreprendre la carrière qu’elle avait choisie. Le chant classique, allez donc parler de ça à votre voisin…
Non, Christine ne voulait pas abandonner, elle ne voulait pas faire comme bien d’autres.
D’ailleurs, elle n’a pas tellement le choix, car elle ne chante pas comme bien d’autres, elle chante mieux!
C’est pour cela que, par le chant classique, elle fera son chemin… ma petite soeur!
—  Christian Lemelin

Mon souvenir de Martin Gray

Il y a de ces événements mondains qui nous font passer à côté de l’essentiel ou de personnalités de coeur.
Celui-ci en est…
C’était aux lendemains de cet événement newyorkais où j’avais fait parler de moi pour avoir fait « LA » Carmen de Peter Brook. Les circonstances ont fait que je fus invitée et à la présentation privée de l’exposition de la collection de Jacqueline Picasso au MBA et à la réception qui suivit, au restaurant Le Prévost, qui a fermé ses portes depuis.
Il y avait là un certain gratin artistique, dont Claude Dubois, Jean-Pierre Ferland, André Gagnon.

J’étais seule et on m’a fait l’honneur d’être assise à la table principale où siégeaient le président du MBA de l’époque, Bernard Lamarre, le ministre des Affaires culturelles Clément Richard, en face de moi Serge Losique, et à ma gauche, au coude-à-coude, nul autre que Martin Gray !
Je savais qui il était, j’avais lu ses deux premiers livres et en avait été tellement touchée. Je le lui ai confié.

Mais, ces événements mondains sont tellement superficiels qu’ils ne nous donnent guère l’opportunité d’avoir un entretien quelque peu sensé.
Déjà qu’il y avait toute cette distraction qui fait qu’on a besoin de se montrer, de se faire voir, et de l’autre côté toute l’intimidation qu’elle procure face à cette clientèle qui pourrait éventuellement faire la différence dans une carrière.

On m’a, certes, demandé de faire « le singe », à savoir de m’exécuter dans la célèbre Habanera. Croyez-le ou non, j’ai refusé. J’étais pétrifiée, ne voyant pas pourquoi, moi, je devrais « monter sur la table » et m’exécuter, en vulgaire opportuniste. J’en étais parfaitement incapable.
Je demeure persuadée que n’importe qui d’autre aurait sauté sur l’occasion…

Je ne suis pas sûre que ça m’aurait rapprochée de l’être qui, dans mon jugement personnel, était le plus au-dessus de tout ce bruit.
Ce que je regrette de cette soirée est moins l’occasion professionnelle ratée que la relation que j’aurais pu entretenir, même brève, avec cet homme d’exception et qui aurait pu, qui sait, « m’aider » à avoir une vie intérieure plus harmonieuse…

C’est ce que m’a fait revivre, cette entrevue, chez Catherine Perrin…
http://ici.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2013-2014/archives.asp?date=2014%2F05%2F27&indTime=91&idmedia=7092205

À la recherche de Keiko Ibi…

Par un concours de circonstances, je partais à la recherche de Miss Nippon 1988. Ce que je racontais dans l’article Keiko Ibi, Miss Nippon 1988. Le lendemain, je trouvais un article à son propos, Documenting the Golden Years, et que j’ai relaté dans Je l’ai trouvée!!!  Nous étions début mai.
Aujourd’hui, 1er octobre, bien que le résultat ne soit pas nécessairement positif, j’ai tout de même reçu une réponse de l’auteure de l’article Documenting the Golden Years, Sophia Harvey.
Et là, via SoundCloud, je lis une note que je n’avais pas encore lue… venant du compositeur de la trame sonore de son film The Personalsjohn califraElle serait peut-être au Texas, maintenant!!!

On aura beau dire, ça fait son chemin.
Pour ce genre de choses, je dois avouer que je suis plutôt « mardeuse », comme on dit!

Qui sait…

La voici telle que je l’ai connue:

Keiko Ibi

Keiko Ibi

Je l’ai trouvée!!!

L’article ci-joint décrit que c’est exactement la personne que je recherche.
Il ne me reste « plus » qu’à réussir à vraiment la retrouver.
J’ai tweeté son mari, Greg Pak.
J’ai aussi écrit sur un blog qui la concerne.
Le reste…

http://www.asianweek.com/031899/arts_oscars.html

Keiko Ibi, Miss Nippon 1988

Mars 1987.
Je venais d’arriver à Tokyo pour y faire une des Carmen de « La Tragédie de Carmen » de Peter Brook.
Le surlendemain de mon arrivée, laissée seule à moi-même pour me rendre au théâtre pour ma première répétition, le Ginza Seibu Theatre, dont la production en faisait l’inauguration, je me suis trompée de station de métro pour sortir, une trop tôt…
Ne reconnaissant le plan, je tente en vain de demander mon chemin, les hommes passaient leur chemin sans me regarder. Étrange.
Finalement, voyant le manège et ma détresse, une jeune fille s’approche de moi et me dit dans un anglais pas si mal « pour une japonaise » : « do you need help? »
Oh! que oui!
Lui disant ce que je cherchais, elle était ravie de même avoir un billet pour le spectacle en question! Et elle se présente comme étant la Miss Japan de l’année!!!
Elle me conduit au théâtre. Nous avons fraternisé.
Nous sommes sorties quelques fois ensemble, elle m’a amenée à un spectacle de Kabuki, et m’a même invitée chez elle, chose absolument très rare au Japon, les gens préférant recevoir au restaurant, étant gênés par la petitesse de leur logis.
Ce qui n’était pas le cas chez elle, une maison toute neuve, en plein coeur de la capitale, pourtant une famille des plus modestes.
Quelques mois plus tard, je me retrouvais à Paris, en résidence au Studio du Québec à la Cité internationale des Arts.
Elle m’y écrit une lettre d’une telle tristesse: un ami proche s’étant suicidé.
Puis, plus rien…
Je n’ai jamais pu la retracer. Même une amie qui vivait là occasionnellement n’a pas réussi.
Là, l’internet me parle d’une Keiko Ibi qui aurait gagné un Oscar pour un documentaire.
Rien ne me dit que c’est la même personne, la coiffure… l’âge…
Elle me confiait vouloir faire du cinéma…
Pourquoi, tout à coup cette anecdote? Parce qu’une amie se trouve au Japon en ce moment…

Jean-Guy Moreau, un « rendez-vous » raté… l’histoire de ma vie?!?

Pas évident de raconter une histoire qui n’a pas eu lieu parce que les circonstances nous auront empêchée de l’attraper au vol…

J’ai raconté l’an passé, à la même date, que j’avais fait la 1ère partie d’un spectacle-Gala mettant en vedette Gilles Vigneault, en compagnie de Jean-Guy Moreau.

Quelques mois (?) plus tard, entre deux répétitions à la Place des Arts, je me suis retrouvée au casse-croûte de la PdA, communément appelé « chez Costas ». Jean-Guy Moreau était à une table. On se reconnaît sans que ça paraisse…
Je mourais d’envie d’aller lui dire bonjour mais j’étais happée par l’entretien que j’avais avec un ancien élève (je lui avais enseigné au cégep de Drummondville) qui me demandait toute mon attention (celui-ci est mort du sida quelques mois plus tard). J’étais incapable de décrocher pour aller saluer Jean-Guy…
Et voilà qu’il quitte, ou c’est peut-être moi, sans qu’on puisse vraiment se saluer, se dire au moins quelques politesses.
Qui sait, je serais peut-être devenue « sa » chanteuse…

Quand les regrets nous tiennent…

Un souvenir heureux…

C’était la chanson que j’avais chanté…

Voici ce que la comédienne-marionnettiste de Québec, Diane Garneau, vient de m’envoyer!!!
Auprès de Jano Bergeron, Florida, son personnage, et Sylvie Ledoux, co-animatrice.
J’arborais fièrement ma chevelure bouclée…
C’était à l’émission « Le Petit Champlain », à la télé de Radio-Canada/Québec, réalisée par Denis Boucher.
Et le directeur musical était nul autre que mon camarade de l’École de Musique, Gilles Ouellet.
Nous sommes en octobre 1989.

Christine Lemelin à "Le Petit Champlain" à la télé de Radio-Canada à Québec 1987?

Christine Lemelin à « Le Petit Champlain » à la télé de Radio-Canada à Québec 1987?

Mon idée fixe, en ce moment…

« Don’t put it anywhere » est la réponse de Vera Rósza au célèbre baryton Tom Crause, lequel semblait souffrir de problèmes vocaux.

Confus après de mauvaises expériences avec certains professeurs (join the club!!!), il se demandait, avec raison, où pouvait-il bien placer sa voix.

Une réponse qu’il faut comprendre « entre les lignes ».

Et c’est là-dessus que je planche depuis quelques semaines. Et ça me remet sur les rails de ce qu’elle m’avait dit « autrefois ».

Un gros merci à feu Vera et à ceux qui ont eu la brillante idée de produire cette série.

Permettez que je partage avec vous…

Deux vidéos de cette chère Dame, Vera Rósza, professeure de chant, qui m’a fait une fleur – ô quel privilège ! – de me donner quelques leçons, à Londres, en 1989. Grâce à une bourse et à la recommandation de Gaston Germain, avec qui j’étudiais à ce moment-là, à Montréal. Je leur dois beaucoup ! Vous y entendrez la liste des qualités que doit avoir un chanteur… http://youtu.be/ECLv6M0Rm60 http://youtu.be/xMt9LFZSp1Q

RIP Claude Létourneau

C’est avec stupéfaction que j’apprenais, hier, le décès de mon collègue et ami, le baryton Claude Létourneau!

Claude, je l’ai connu « avant » ma naissance… car déjà célèbre à l’Île d’Orléans, plus particulièrement à Sainte-Famille, où il venait régulièrement l’été, profiter de la maison de ses parents, située pas très loin de chez nous, et chanter à l’église.

Bien qu’un Létourneau, il n’était pas parent avec moi (ma grand-mère paternelle était une Létourneau). C’est Gabrielle, sa première épouse (reconnue pour son enseignement de la musique), pourtant une Morency (ma mère est une Morency mais elles ne sont pas parentes), était la cousine de mon père – vous me suivez? Gabrielle, un été, passait ses vacances à l’île et logeait chez mes parents. Les esprits se sont rencontrés…

J’ai tellement entendu parler de Claude, par mon père, qu’une fois à Montréal il n’avait cesse de me demander si je l’avais rencontré. C’est en 1976, quand j’ai rejoint l’ensemble vocal de Radio-Canada, dirigé par Jean-François Sénart, que j’ai enfin pu faire sa connaissance.

Nous avons donc souvent chanté ensemble mais une seule fois à partager le même récital, celui du 300e anniversaire de la fondation du Couvent de Sainte-Famille par Marguerite Bourgeois. C’était en août 1985.

Il m’a encouragée au point d’être toujours, au moment de son décès, co-administrateur des Productions « La Fille de l’Île », organisme que je dirige.

Il paraît qu’il est mort subitement. Quant à moi, c’est un cadeau du ciel!

Repose en paix, Claude, et toutes mes sympathies à la famille.