Archives pour la catégorie Divers

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Radio-Canada, selon Harper…

On a rasé tout un quartier de Montréal pour faire place à ce géant que fut la Maison de Radio-Canada.
Qu’est-ce qu’on va faire des locaux et bureaux vides, vides de gens, vides de contenu, qu’il soit matériel ou créatif ?
On a voulu ériger un quartier de condos dans son stationnement côté ouest…
Tous ces décors et costumes à jamais disparus, détruits ou disséminés… Une catastrophe historique. Rien de moins !

Mais où pensez-vous que l’argent s’en va ? À la Défense, voyons donc !

Radio-Canada à Montréal, là où j’ai fait mes débuts professionnels et radiophoniques, il y a bientôt 40 ans ! Parce que j’avais les compétences voulues, dans un ensemble vocal professionnel a capella, dirigé par Jean-François Sénart. Des années extraordinaires et qui ont été des plus formatrices.
Là où j’ai participé à de nombreuses séries où les jeunes pouvaient se faire valoir « Mélodies, En concert… », en solo avec piano ou quatuor à cordes, des émissions désormais révolues.
Le Studio 12…

Les archives où j’ai pu exceptionnellement faire des recherches… tout comme la musicothèque…

Là où j’ai fait mes débuts télévisés dans les populaires émissions de variété. « Mon » cher Jacques Boulanger ! J’ai été privilégiée. Vraiment. Et tant d’autres par la suite ou en parallèle, à Québec, avec Robert Gillet ou autres…
Le Studio 42…

Nous sommes nombreux à pleurer…
Et le carnage ne fait que commencer ?

Avoir de la classe… ou pas

Nombreux avons-nous été gênés (je suis polie) du peu de classe qu’ont démontré nos jeunes lauréat-e-s, lors du gala de l’Adisq de dimanche dernier.

Ce à quoi ont répliqué qui se seront senti-e-s visé-e-s.
Jeunes demoiselles et jeunes gens, vous qui invoquez pour votre défense le jeune âge, l’inexpérience, les tournées, les studios, et quoi encore, sachez que rien ne l’excuse. La classe, ça se cultive !

Moi qui « prend plaisir » à sacrer, à mon grand dam, ma mère passait son temps à me corriger en me disant (j’étais aspirante chanteuse-classique-d’opéra) :
« Toi qui va fréquenter le Grand Monde, tu devrais faire attention à ton langage ! »…
L’ai-je toujours écoutée ?!?

Il y a là une notion de respect, envers le public et envers soi-même. Question de dignité.

Au lendemain du gala de l’Adisq, je publiais ceci :
Michel Louvain :
«… vous divertir aussi longtemps que je serai digne de vous » !
Voilà une leçon de classe et d’humilité.
De la classe, il a manqué pas mal, hier soir…

 

 

Aider à prier…

Nous, chanteurs de formation classique, il nous reste encore — mais pour combien de temps ?!? — quelques églises où on peut faire notre métier de chanteur.

Ayant abondamment chanté dans mariages et funérailles, ainsi que messes dans des choeurs professionnels, j’ai personnellement hésité fort longtemps à faire de l’animation liturgique, timidité aidant.

C’est en remplaçant au pied levé que j’ai fait mes classes. Heureusement dotée d’une excellente lecture à vue, je m’en suis tirée pas si mal à me « secouer les pleumats » (ailes en québécois ancien).

On ne plaît peut-être pas à tout le monde mais vient le temps des récompenses, comme celle-ci, reçue cet après-midi :

Bonjour,
comment le dire…  Oui… Enfin…

Oui, enfin, une dame qui dirige le chant.
Une dame qui ne tombe pas dans le piège de l’assemblée « endormie ».
Une belle voix et un rythme adéquat.

Mme Christine Lemelin est, sans aucun doute, la meilleure « maître de chants » que vous ayez trouvée.
Nous avons enfin un « Gloire à Dieu » glorieux, un « Alleluia » joyeux et un « Hosanna » heureux, sans dénaturer un « Agneau de Dieu » pénitent.
Bravo.

J.C. Bourdon

 

 

Mon souvenir de Gilles Latulipe

J’ai eu la chance, à quelques reprises, d’être invitée aux Démons du midi.

Gilles Latulipe m’a fait la faveur de m’incorporer dans un de ses fameux sketches, celui-là d’après une chanson de Charles Trenet, La Polka du roi, que chantait mon partenaire… Peter Pringle !

J’étais morte de trac !!! Je ne suis pas convaincue avoir été à la hauteur… Mais c’est le genre d’expérience qu’on ne peux pas oublier…

Salut, monsieur !

Ça va être rigolo, là-haut, avec tous vos comparses !

De L’Art poétique (1674)

(Chant I)
Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
(Chant I)
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
(Chant I)
Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.
(Chant I)
Il n’est point de serpent ni de monstre odieux,
Qui par l’art imité ne puisse plaire aux yeux,
D’un pinceau délicat l’artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.

Nicolas Boileau

Dieu que c’est donc pertinent !
À lire et relire…

 

Ne pas faire comme les autres = Marque de commerce…

Vous savez, il y a de ces choses de la vie que l’on ne fait pas par choix mais bien par instinct.

On me l’a dit/servi souvent, celle-là : « Toi, tu ne veux jamais rien faire comme les autres ! », et pas toujours sur le ton du compliment…

On ne se marginalise pas comme ça, par snobisme. On est à la recherche de quelque chose qu’on ignore parfaitement, d’indiscible, mais quelque chose de grand, certainement plus grand que soi.

Or, ça remonte à tellement loin qu’on n’imagine même pas à quel point !

Je viens de tomber sur le programme du premier récital donné tout juste à la fin de mes études de maîtrise en chant (Université de Montréal), donné chez moi, à Québec, à l’Institut Canadien, une salle merveilleuse qui, hélas, n’existe plus.

De la présentation, au programme, qu’en avait alors faite mon frère Christian*, je n’avais retenu qu’il avait toujours cru que mon idole avait été Petula Clark alors qu’à ce moment, j’avais complètement oublié cette anecdote, vu que j’avais, pour de longues années, relégué la musique de variétés et/ou populaire aux oubliettes depuis que je m’étais totalement investie dans mes études de chant classique. Un rappel qui m’avait frappée et touchée en même temps.

Aujourd’hui, en relisant ce très beau texte, quelle n’est pas ma surprise de constater à quel point cette « marque de commerce » n’est surtout pas récente… : « […] car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus. »

Ceux qui ont acheté et écouté mon album et/ou vu mon « Opéra-Chansons » sauront peut-être lire entre les lignes, y détecter un certain Code secret

Voici le contenu de ce premier programme qui sera probablement le moins original de ma carrière… Mais, faut bien débuter en quelque part…

* Texte que voici :

CHRISTINE
LEMELIN

Sa première idole fut peut-être Petula Clark. À l’époque, quand cette chanteuse britannique était au faîte de sa carrière, Christine écoutait ses chansons, sur un tourne-disque qui ne valait pas un rond. L’électronique n’avait pas encore fait les merveilles que nous connaissons même si tout cela ne remonte pas à si loin.
Elle écoutait, écoutait, et, petit à petit, assimilait ce qui l’intéressait, pour, par la suite, le reproduire au profit de parents et amis. Déjà, elle avait une bonne voix, une voix plus forte que celle des autres. Elle l’avait sans doute formée dans ses nombreuses répliques, à l’endroit de son « achalant » de grand frère. Oui, sans doute!
Puis, au fil des mois et des ans, son goût pour le chant est devenu une passion, mais ce n’est pas dans la foulée de Petula qu’elle allait s’embarquer, car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus.
Ainsi, elle apprit le piano et le chant, avec les meilleurs professeurs de Québec et de Montréal, assure-t-elle, ceux-là qui, si elle n’avait pas eu le talent, auraient certainement tout fait pour la dissuader d’entreprendre la carrière qu’elle avait choisie. Le chant classique, allez donc parler de ça à votre voisin…
Non, Christine ne voulait pas abandonner, elle ne voulait pas faire comme bien d’autres.
D’ailleurs, elle n’a pas tellement le choix, car elle ne chante pas comme bien d’autres, elle chante mieux!
C’est pour cela que, par le chant classique, elle fera son chemin… ma petite soeur!
—  Christian Lemelin

Photo: Michel Parent

Les Vautours…

Lu dans La Presse d’aujourd’hui (2 août 2014), section des Arts, l’entrevue que Franco Nuovo a faite avec René Simard.
En conclusion, il dit ceci :
« Je dirais à tous les parents qui veulent voir leurs enfants faire ce métier : restez avec eux, ne les quittez pas. C’est un beau métier, mais il peut faire des ravages. »
Et comment, donc !
Mais il y a de ces parents qui, hélas, vivent par procuration. J’ai écrit 2 chansons à ce propos :
Les Vautours et Le Trophée
La première, que l’on retrouve sur mon album mais absente de mon « Opéra-Chansons », la deuxième, seuls ceux-celles qui y auront assisté auront la chance d’en être témoins.

Félix — 100 ans…

Étant moi-même « Fille de l’Île »

En ce jour,

Voici mon hommage à ce Monument de notre chanson :

Photo Michel Parent

On aura beau dire… 3/3

Ne croyant pas avoir à y revenir, c’est encore l’actualité qui met de l’eau au moulin…

Dimanche dernier, 22 juin, à l’émission de Christiane Charest, 125, Marie-Anne, l’humoriste Mike Ward dit, en substance, ceci :
« Un humoriste qui n’écrit pas lui-même ses textes n’est pas un humoriste. C’est juste un acteur qui joue des textes sur une scène » !!!

Qu’on l’apprécie ou pas, cela vient ainsi alimenter et étayer ce qui m’a tant fait réagir et que j’ai publié dans le billet original On aura beau dire…

Et vlan !

Photo Michel Parent

On aura beau dire… 2/2

En effet !

Si j’y reviens, ou encore, si j’insiste, c’est que, pour tout « rachever », notre charmante nouvelle ministre de la culture et des COMMUNICATIONS — méchant programme de communications, entendons-nous !!! — nous demande, à nous, artistes, qui pour beaucoup sommes dans la misère et/ou doivent se rabattre sur d’autres revenus (parfois totalement étranger à notre réalité artistique) pour pouvoir se permettre de créer un tant soit peu, nous demande donc de nous BATTRE !?!

Nous battre, entre nous ?!?
Franchement, c’est installer un climat de compétition plus malsain qu’il ne l’est déjà, considérant le côté « incestueux » de la « game »…
Xavier Dolan n’est pas le premier à le dénoncer : je me suis fait déjà « assassiner », dans un atelier Cinars sur le développement international, fin des années’90, pour avoir osé le dire…

Alors, nous battre CONTRE qui, contre quoi ?!? L’intertie ?!?
Elle est tellement multiple, l’inertie. C’est à rendre fou !!!

Dans quel monde vit-elle, notre chère nouvelle ministre de la culture et des « communications » ?!?
D’où SORT-ELLE donc, cette ministre de la culture et des « communications » ?!?

Pourtant, fille de…, soeur de…

Misère !!!…

Photo : Michel Parent