Archives du mot-clé Chant classique

Rejoindre l’universel…

C’est en parlant de soi qu’on rejoint l’universel. Ce n’est pas moi qui le dit. C’en est presque devenu un cliché…
Écrire pour plaire aux autres, on passe à côté de l’essentiel, à côté de soi.

Or, ce midi, je reçois un appel d’un inconnu qui est « tombé » sur mon album, WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons », par l’intermédiaire d’une connaissance commune. Un geste tout à fait spontané car, n’ayant même pas terminé l’écoute, il m’a dit ne pas avoir entendu une chose pareille depuis très longtemps et que ça l’a profondément touché (je regrette ne pas avoir pu enregistrer la conversation, j’ai fermé le répondeur un peu vite…).

Il aura donc été touché par les textes, la musique et finalement ma voix, unique, dit-il. Des textes et des thèmes qu’il affirme être universels et juge l’ensemble tout à fait accessible, ne comprenant pas tant de difficulté que j’ai à vendre l’album – parce que non commercial, il a été refusé dans les « bons » magasins – ni le spectacle (L’ « Opéra-Chansons »…) qui en découle.

J’ai beau ne pas me faire d’illusions, moi non plus, je ne comprends pas la frilosité des décideurs… Avoir les moyens d’être indépendante…

Bref, il a fait ma journée !

Merci, Jacques P.

450e anniversaire, Île d’Orléans

Un bref repos à l’Île d’Orléans me remémore un événement spécial :

En août 1985, presque jour pour jour, en l’église de Saint-François, et ce, en compagnie de l’excellente pianiste Suzanne Goyette, mon amie, je présentais un récital à l’occasion des fêtes commémorant le 450e anniversaire de la découverte de cette île, nommée alors Île de Bacchus.

R.I.P. Gaston Germain

C’est avec une immense tristesse que j’apprenais ce matin le décès de Gaston Germain.
Parce qu’il n’était muni d’absolument aucun préjugé à mon endroit, il a daigné m’accorder une Maîtrise en Interprétation-chant, à l’Université de Montréal, et ce, bien malgré la volonté du professeur que j’avais jusqu’alors…

C’est après mes années new-yorkaises que je suis allée vers son enseignement. C’est ainsi que j’ai appris à connaître la grandeur d’âme de cet homme, à travers des souffrances communes partagées qui nous ont faits un peu complices…

Aucunement jaloux ni possessif, c’est par son intermédiaire que j’ai pu aller prendre quelques leçons à Londres, chez la grande Vera Roszá, grâce à une bourse de perfectionnement, la dernière, mais la plus pertinente que j’aurai obtenue. Ce qui a été des plus déterminants pour la suite des choses concernant la nature de ma voix et ce que j’en ferais plus tard.

Comment peut-on oublier cette magnifique voix grave et sonore ! Et que dire de son rire quand le vecchio maledetto téléphonait pour souhaiter bonne fête à Madame Le-me-lin…

N’eût été sa bienveillante clairvoyance et son encouragement indéfectible, et surtout son entêtement à me faire croire, moi, que j’avais, oui, une belle voix, qui sait si j’aurais réussi à persévérer dans cette voie difficile et olympienne du chant classique, mais particulièrement son soutien sans équivoque devant mes élans de créativité où j’ai pu enfin reconnaître la vraie nature de cette voix et la manière originale dont j’ai pu m’y prendre pour la déployer à son meilleur.

Je lui dois une infinie reconnaissance. C’est bien malgré moi que je n’ai pu le revoir récemment mais je sais qu’il n’en doutait point.

Andrée, son amour de toujours, sait déjà tout ça. À cet amour, mes plus sincères condoléances et mon amitié loyale.

Salut, Gaston !

Diseuse : une dynastie en voie de disparition

…De retour du récital d’adieu de la Grande Greco : É-mou-vant !…

Avec le décès récent de Patachou (30-04-15), Juliette Greco est bel et bien la dernière représentante de cette lignée de chanteuses que l’on nommait, à raison, « diseuses ».

Nous entendons « diseuses » ces chanteuses, souvent dotées de voix magnifiques — Cora Vaucaire, Juliette Greco, Patachou… — pour qui le texte, le sens, était placé au faîte de l’art de la chanson, celui-ci étant le message. La musique son support, la voix, l’humble véhicule.

Ces artistes auront toujours quelque chose à nous apprendre d’un art dont le style semble désormais révolu, celui de la transmission du sens, du verbe par cette élocution qui permet de l’entendre, de le comprendre. Ces diseuses ont appris à dire, déclamer un texte, à l’articuler dans le plus grand respect de la musique qui a permis à cet art mineur, comme disait Serge Gainsbourg, de se rendre jusqu’à nous, nous faire vibrer, nous émouvoir.

Chez nous, au Québec, encore active, Danielle Oddera est bien la dernière à pouvoir encore faire la « démonstration » de cet art si noble.

Aujourd’hui, la voix aura-t-elle pris le dessus ? Le contenant au détriment du contenu…

Formée à l’art lyrique, il m’aura pris toutes ces années pou en « revenir »… Cet instrument qu’est la voix sera, certes, toujours une source de recherche et de questionnements. Elle est là pour servir un texte, une musique et l’émotion qui en découlent. Car la voix ne trompe pas. Elle est le reflet du SOI. Un précieux don à respecter.

Diseuses : je ne me lasserai jamais d’écouter attentivement ces « anciennes ». Comme la mode finit toujours par revenir, qui sait…

Merci, Juliette !

Photo Michel Parent

Être de son temps ?

Dans La Presse de ce matin (2 mai), à propos du Festival d’Opéra de Québec et l’oeuvre qui sera mise en scène par Robert Lepage, L’Amour de loin, de Kaija Saariaho, je lisais ceci :

Les marionnettes sont de plus en plus utilisées au théâtre ou à l’opéra. C’est une façon de raconter une histoire […]

J’ai voulu être modeste dans la réation de L’«Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. Même que je trouvais que je ne réinventais pas la roue ! J’ai simplement créé un pantin additionné de quelques éléments technologiques.
J’ignorais ce qui semble maintenant être à la mode… comme de quoi…

Décès de Patachou…

J’avais 13 ans. J’avais choisi cette chanson (la version courte de Françoise Hardy) pour mon premier concours de chant à vie.

M’accompagnant moi-même au piano, un piano droit, un microphone ne pouvant se rendre jusqu’à moi, dos au public, j’ai chanté cette pièce d’une intimité et profondeur certaine.
Une camarade m’avait demandé de l’accompagner au piano pour ce même concours. Elle avait choisi le succès de Mireille Mathieu « Oui, devant Dieu devant les hommes ».
Elle, face au public, de sa voix tonitruante dans le micro, comment vouliez-vous que je gagne contre elle?!?

Je suis demeurée profondément attachée à cette chanson et à tout ce qu’elle véhicule. Préférant toujours le contenu au contenant. Ma démarche artistique en faisant foi.

R.I.P. Patachou

Mon idée fixe, en ce moment…

« Don’t put it anywhere » est la réponse de Vera Rósza au célèbre baryton Tom Crause, lequel semblait souffrir de problèmes vocaux.

Confus après de mauvaises expériences avec certains professeurs (join the club!!!), il se demandait, avec raison, où pouvait-il bien placer sa voix.

Une réponse qu’il faut comprendre « entre les lignes ».

Et c’est là-dessus que je planche depuis quelques semaines. Et ça me remet sur les rails de ce qu’elle m’avait dit « autrefois ».

Un gros merci à feu Vera et à ceux qui ont eu la brillante idée de produire cette série.

Les concours…

Jeudi dernier, le 31 mai, nous apprenions avec joie la nouvelle suivante:

Philippe Sly, 1er prix du Concours International de Montréal:
30 000$ + 20 000$ en développement de carrière.

Aucune comparaison avec ma Mention d’Honneur au Concours de l’OSM en 1981: bon d’achat de 50$ chez Archambault Musique!…

Des concours, j’en ai fait d’autres.

Cette même année-là, je remportais un 2e prix, toute catégorie confondue, au Tremplin international des Concours de Musique du Canada. Quelques centaines de dollars…

Quelques années plus tard, je me rendais jusqu’en finale régionale (Grands-Lacs) des auditions du MET.

Le dernier: Concours international de Montréal (ancienne version). Semi-finale.