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Photo Michel Parent

LE RACKET DE LA MORT…

Même les coopératives funéraires n’y échappent pas !
Demain en fin de journée, je descends à Québec pour la cérémonie funéraire de ma mère, pour laquelle elle m’a demandé de chanter…
Croyez-non ou le, IMPOSSIBLE pour moi de voir ma mère dans sa tombe :
C’était cet après-midi pour la famille, 15 minutes, et basta !
Ke-tchik et on passe à un autre appel !
Faites la queue, c’est par ici le corbillard !

Non. Pas d’exposition demain soir pour moi, sinon, faut sortir le cash !
Près de 10,000 $, 4 planches, pour une petite vieille qui ne pesait guère plus que 60 livres, dentiers compris !
Aye ! Une chance que j’ai pu lui faire mes adieux de son vivant !!!

Je suis pognée pour vivre vieille moi itou, ça m’a tout l’air…
J’espère avoir au moins accès à un enterrement vert, même dans le « trou » de mon père, à Ste-Famille, I.O.
Samedi, 14h00, une petite pensée, ça me fera pas de tort !!!

Les lâches…

Il y a quelque chose de mille fois pire que la férocité des brutes, c’est la férocité des lâches. Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 pour son roman Pas pleurer
La citation de la semaine, La Presse, 8 novembre 2014

Oui, la « férocité des lâches » ! Et croyez-moi, ils courent les rues et ne portent pas tous des armes.
Leurs armes sont bien cachées mais tout aussi vilaines et malicieuses. Qui n’en connaît pas quelques-un-e-s qui vous auront fait la « cour » ?
« Celui-là l’aurait tuée, qu’il ne lui aurait pas fait plus mal ! » Fantasme ou Dépendance ? Extrait de mon album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ».
Je n’ai pas écrit ça pour rien… Un Code secret qui se prolonge…

En ce jour de deuil international (re: Charlie Hebdo), désolée d’être aussi opportuniste. Un drame qui fait remonter la colère…

R.I.P.

Pour toutes ces femmes…

Je dédie TOUTES mes chansons en mémoire de cette malheureuse tragédie du 6 décembre 1989 et à toutes les victimes co-latérales.

Pour ne pas oublier :

Bonne journée…

Il n’y a pas de hasard…

Hier, a été diffusé sur Saarländischer Rundfunk
http://www.sr2.de/rendezvous-chanson
l’extrait # 7 de mon album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons »
Faites gaffe, les filles !

D’actualité ?
Non. Il n’y a pas de hasard…

Demain : 6 décembre…

Radio-Canada, selon Harper…

On a rasé tout un quartier de Montréal pour faire place à ce géant que fut la Maison de Radio-Canada.
Qu’est-ce qu’on va faire des locaux et bureaux vides, vides de gens, vides de contenu, qu’il soit matériel ou créatif ?
On a voulu ériger un quartier de condos dans son stationnement côté ouest…
Tous ces décors et costumes à jamais disparus, détruits ou disséminés… Une catastrophe historique. Rien de moins !

Mais où pensez-vous que l’argent s’en va ? À la Défense, voyons donc !

Radio-Canada à Montréal, là où j’ai fait mes débuts professionnels et radiophoniques, il y a bientôt 40 ans ! Parce que j’avais les compétences voulues, dans un ensemble vocal professionnel a capella, dirigé par Jean-François Sénart. Des années extraordinaires et qui ont été des plus formatrices.
Là où j’ai participé à de nombreuses séries où les jeunes pouvaient se faire valoir « Mélodies, En concert… », en solo avec piano ou quatuor à cordes, des émissions désormais révolues.
Le Studio 12…

Les archives où j’ai pu exceptionnellement faire des recherches… tout comme la musicothèque…

Là où j’ai fait mes débuts télévisés dans les populaires émissions de variété. « Mon » cher Jacques Boulanger ! J’ai été privilégiée. Vraiment. Et tant d’autres par la suite ou en parallèle, à Québec, avec Robert Gillet ou autres…
Le Studio 42…

Nous sommes nombreux à pleurer…
Et le carnage ne fait que commencer ?

Avoir de la classe… ou pas

Nombreux avons-nous été gênés (je suis polie) du peu de classe qu’ont démontré nos jeunes lauréat-e-s, lors du gala de l’Adisq de dimanche dernier.

Ce à quoi ont répliqué qui se seront senti-e-s visé-e-s.
Jeunes demoiselles et jeunes gens, vous qui invoquez pour votre défense le jeune âge, l’inexpérience, les tournées, les studios, et quoi encore, sachez que rien ne l’excuse. La classe, ça se cultive !

Moi qui « prend plaisir » à sacrer, à mon grand dam, ma mère passait son temps à me corriger en me disant (j’étais aspirante chanteuse-classique-d’opéra) :
« Toi qui va fréquenter le Grand Monde, tu devrais faire attention à ton langage ! »…
L’ai-je toujours écoutée ?!?

Il y a là une notion de respect, envers le public et envers soi-même. Question de dignité.

Au lendemain du gala de l’Adisq, je publiais ceci :
Michel Louvain :
«… vous divertir aussi longtemps que je serai digne de vous » !
Voilà une leçon de classe et d’humilité.
De la classe, il a manqué pas mal, hier soir…

 

 

Bonnes nouvelles ?

Ce matin, je recevais un message de la Sacef (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française) confirmant leur intérêt de présenter L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret dans le cadre des Week-Ends de la chanson Québecor, dans la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, et ce, au printemps 2015.

À bientôt ?

Photo Michel Parent

L’auto-fiction

« Tout ce qui est gênant dans le film est arrivé pour vrai », Ricardo Trogi, La Presse, 2 août 2014

En cette ère de voyeurisme, en cette ère d’exhibitionnisme à outrance, où peut-on tracer la limite entre ce qu’on doit ou pas révéler de notre vie quand on est un créateur, au cinéma, en littérature, en chanson ?

On dira toujours que c’est dans la manière, là où est justement l’Art dans sa plus grande noblesse.

La chanson, un art mineur, dit-on. Il y a eu de grandes chansons parce qu’il y a eu de grands textes, parce qu’il y a eu de grandes musiques. Avec le commerce à tout prix, y a-t-il encore de la place pour de grandes chansons ?
Il serait triste de répondre non. Bien chanceux qui les écrivent et peuvent avoir du succès, même commercial.

Pour revenir à ce thème d’auto-fiction, j’ai toujours en mémoire un commentaire de Monic Leyrac, cette grande dame québécoise de la chanson, qui disait, il y a de cela près de 20 ans, que la chanson d’aujourd’hui n’est pas intéressante parce qu’elle n’est pas poésie, que ce n’est que du « je-me-moi » !

A-t-elle toujours la même opinion de la chanson d’aujourd’hui alors que tant d’interprètes se font écrire des chansons pour refléter leur propre vie, ou certain-e-s auteur-e-s-compositeur-e-s qui s’étalent sans pudeur… comme je l’ai moi-même fait ?

En ce qui me concerne, il en a résulté un opéra. Non pas pour diluer le propos mais pour éviter de le diriger sur ma seule petite personne, parce qu’universel.

Avoir raison ou pas ?

Quand je lis une entrevue comme celle parue dans la section Arts de La Presse d’aujourd’hui, « Coup de gueule » de Brigitte Haentjens, signé Marc Cassivi, intitulé Regard critique, je me sens moins seule.

Je fais référence à mes billets Payer les critiques ou Malade du marketing ?Encore et toujours à propos… et On aura beau dire…, lesquels parlent de cette incapacité grandissante à se faire voir et entendre, si notre « produit culturel » n’est pas grand public… ou pire, si on n’est pas une vedette…

Ici, madame Haentjens dit bien que « ce n’est pas tellement un effort intellectuel qu’un effort d’ouverture, de sensibilité » qui est en cause.

Merci de me lire…

Ne pas faire comme les autres = Marque de commerce…

Vous savez, il y a de ces choses de la vie que l’on ne fait pas par choix mais bien par instinct.

On me l’a dit/servi souvent, celle-là : « Toi, tu ne veux jamais rien faire comme les autres ! », et pas toujours sur le ton du compliment…

On ne se marginalise pas comme ça, par snobisme. On est à la recherche de quelque chose qu’on ignore parfaitement, d’indiscible, mais quelque chose de grand, certainement plus grand que soi.

Or, ça remonte à tellement loin qu’on n’imagine même pas à quel point !

Je viens de tomber sur le programme du premier récital donné tout juste à la fin de mes études de maîtrise en chant (Université de Montréal), donné chez moi, à Québec, à l’Institut Canadien, une salle merveilleuse qui, hélas, n’existe plus.

De la présentation, au programme, qu’en avait alors faite mon frère Christian*, je n’avais retenu qu’il avait toujours cru que mon idole avait été Petula Clark alors qu’à ce moment, j’avais complètement oublié cette anecdote, vu que j’avais, pour de longues années, relégué la musique de variétés et/ou populaire aux oubliettes depuis que je m’étais totalement investie dans mes études de chant classique. Un rappel qui m’avait frappée et touchée en même temps.

Aujourd’hui, en relisant ce très beau texte, quelle n’est pas ma surprise de constater à quel point cette « marque de commerce » n’est surtout pas récente… : « […] car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus. »

Ceux qui ont acheté et écouté mon album et/ou vu mon « Opéra-Chansons » sauront peut-être lire entre les lignes, y détecter un certain Code secret

Voici le contenu de ce premier programme qui sera probablement le moins original de ma carrière… Mais, faut bien débuter en quelque part…

* Texte que voici :

CHRISTINE
LEMELIN

Sa première idole fut peut-être Petula Clark. À l’époque, quand cette chanteuse britannique était au faîte de sa carrière, Christine écoutait ses chansons, sur un tourne-disque qui ne valait pas un rond. L’électronique n’avait pas encore fait les merveilles que nous connaissons même si tout cela ne remonte pas à si loin.
Elle écoutait, écoutait, et, petit à petit, assimilait ce qui l’intéressait, pour, par la suite, le reproduire au profit de parents et amis. Déjà, elle avait une bonne voix, une voix plus forte que celle des autres. Elle l’avait sans doute formée dans ses nombreuses répliques, à l’endroit de son « achalant » de grand frère. Oui, sans doute!
Puis, au fil des mois et des ans, son goût pour le chant est devenu une passion, mais ce n’est pas dans la foulée de Petula qu’elle allait s’embarquer, car elle ne voulait pas faire comme les autres. La chanson populaire, oui, mais pas que ça. Il lui fallait plus.
Ainsi, elle apprit le piano et le chant, avec les meilleurs professeurs de Québec et de Montréal, assure-t-elle, ceux-là qui, si elle n’avait pas eu le talent, auraient certainement tout fait pour la dissuader d’entreprendre la carrière qu’elle avait choisie. Le chant classique, allez donc parler de ça à votre voisin…
Non, Christine ne voulait pas abandonner, elle ne voulait pas faire comme bien d’autres.
D’ailleurs, elle n’a pas tellement le choix, car elle ne chante pas comme bien d’autres, elle chante mieux!
C’est pour cela que, par le chant classique, elle fera son chemin… ma petite soeur!
—  Christian Lemelin