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Mes cheveux bouclés, ma marque de commerce

Photo Michel Parent

Marchands d’illusions…

Des événements ponctuels, comme le décès de personnes significatives, font remonter à la surface bien des illusions entretenues par des mensonges et des promesses non tenues, cela n’ayant été que pure manipulation.

Comme se faire dire, lors de l’audition de ta vie (La Tragédie de Carmen à New York), par un ex-directeur de l’Opéra de Paris, Bernard Lefort, pour ne pas le nommer, recruté par Peter Brook pour entreprendre des auditions pan-américaines, dont le Canada (il m’avait déjà sélectionnée à Montréal), en te faisant miroiter la promesse de tournées pan-américaine et mondiale : « Mademoiselle, dans la vie, on chante ou on ne chante pas ! »…

Parce que toi, parmi d’autres engagements professionnels à annuler, tu dois choisir sur-le-champ, oui, sur-le-champ !, entre chanter Carmen, à New York, la célèbre version de Peter Brook en plus !, et enseigner (somme toute temporairement) au Cégep de Drummondville… Torture mentale !
L’appel des « sirènes » est trop fort !

À partir de là, tout le monde est parti pour la gloire à ta place (re : Le Trophée). On te croit maintenant lancée ! Seule toi, sais à quel point tu as encore des croûtes à manger…

Mais tu ne réalises pas encore que, à peine sortie de l’université, à un moment bien précis, tu perdais déjà le contrôle de ta vie, par « innocence », par (abus de) confiance…
Ce n’était que le début d’une série de promesses, d’un « merveilleux désastre » !
« Paroles, paroles, paroles… », comme dit si bien la chanson !

Et toi, avec forces maladresses, tu ré-agis tant bien que mal… (re : Elle s’appelle « Personne »).

La rage, la colère, la déception, la peine, la désillusion, et quoi encore, ont eu l’heur de pouvoir se déposer par l’écriture (re : Hymn’Mortels). Ça aura donné « l’oeuvre de ta vie » : l’album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons » et le spectacle qui a suivi, L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret.

Que de rêves…
Que d’illusions…

Écrire. Oui, écrire parce qu’urgence il y avait.
Sans calcul, sans même avoir été un objectif, la catharsis a-t-elle vraiment eu lieu ?

"La Tragédie de Carmen" de Peter Brook, avril'84

« La Tragédie de Carmen » de Peter Brook, avril’84

Rejoindre l’universel…

C’est en parlant de soi qu’on rejoint l’universel. Ce n’est pas moi qui le dit. C’en est presque devenu un cliché…
Écrire pour plaire aux autres, on passe à côté de l’essentiel, à côté de soi.

Or, ce midi, je reçois un appel d’un inconnu qui est « tombé » sur mon album, WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons », par l’intermédiaire d’une connaissance commune. Un geste tout à fait spontané car, n’ayant même pas terminé l’écoute, il m’a dit ne pas avoir entendu une chose pareille depuis très longtemps et que ça l’a profondément touché (je regrette ne pas avoir pu enregistrer la conversation, j’ai fermé le répondeur un peu vite…).

Il aura donc été touché par les textes, la musique et finalement ma voix, unique, dit-il. Des textes et des thèmes qu’il affirme être universels et juge l’ensemble tout à fait accessible, ne comprenant pas tant de difficulté que j’ai à vendre l’album – parce que non commercial, il a été refusé dans les « bons » magasins – ni le spectacle (L’ « Opéra-Chansons »…) qui en découle.

J’ai beau ne pas me faire d’illusions, moi non plus, je ne comprends pas la frilosité des décideurs… Avoir les moyens d’être indépendante…

Bref, il a fait ma journée !

Merci, Jacques P.

Photo Michel Parent

Être de son temps ?

Dans La Presse de ce matin (2 mai), à propos du Festival d’Opéra de Québec et l’oeuvre qui sera mise en scène par Robert Lepage, L’Amour de loin, de Kaija Saariaho, je lisais ceci :

Les marionnettes sont de plus en plus utilisées au théâtre ou à l’opéra. C’est une façon de raconter une histoire […]

J’ai voulu être modeste dans la réation de L’«Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. Même que je trouvais que je ne réinventais pas la roue ! J’ai simplement créé un pantin additionné de quelques éléments technologiques.
J’ignorais ce qui semble maintenant être à la mode… comme de quoi…

Photo Michel Parent

En réponse à la question…

Comment définiriez-vous votre style, ce que vous faites ?

Après des années à dire :
Non, ce n’est pas De l’opéra;
Après des années à dire :
Oui, ce sont des chansons;
Après des années à dire :
Non, ce n’est pas de la pop;
Après des années à dire:
Oui, c’est UN opéra !

Je répondrais donc ceci :
Je fais du lyrique moderne
sans le cliché qui va avec…
Je fais de la chanson française moderne
tout en étant accessible.

Ainsi, en est-il ici de la rencontre entre
Rufus Wainwright et La Callas
ou encore
Francis Poulenc et La Dufresne

Donc,
L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret
n’est pas DE l’opéra mais UN opéra.

Car, tel un slogan :
La chanson, c’est ça aussi ;
C’est aussi ça, l’opéra !

 

Entre créativité et inertie…

Comment comprendre l’inertie et peut-être la mauvaise foi de certains décideurs quand, au simple visionnement de mon diaporama et de mon 1er extrait « live », je reçois ce commentaire d’un nouvel (?) « admirateur » :

[…] j’ai regardé quelques extraits sur Internet.  Je ne suis pas connaissant de « l’art lyrique », et des nuances dans ses formes d’expression, et encore moins de son évolution récente. Mais ai-je raison de voir dans ces brefs extraits un lien avec ma perception d’une certaine « école française » (???) -du moins « moderniste » (???)-, en émergence dans l’entre-deux guerres ?

[…] Si « chansonnier » veut dire quelqu’un qui est « critique » de certaines réalités ou d’évènements, ou de choix imposés aux masses, moi je pense qu’il en manque ces temps-ci dans la sphère publique, et il est facile de comprendre que ceux/celles qui tirent des ficelles cherchent à les écarter.
[…] Bravo pour le courage de lutter, de se dévoiler, de rester saine / sereine malgré les avatars, vicissitudes et mesquineries.
Normand Dickey, 01/02-04-2014

On nous exhorte d’être créatifs et quand on l’est, on vous donnera tellement d’excuses…
Quand le public, lui, comprend…

Photo Michel Parent

Du chaos au spirituel…

Dans la préface de Philippe Sers introduisant le livre de Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, nous lisons ceci :

« Il y a dans l’œuvre d’art la révélation d’une réalité supérieure inaccessible au discours de la raison et elle devient par une coïncidence inouïe dans le même mouvement le support d’une méditation métaphysique. Elle est à la fois le support de la méditation et l’image de l’itinéraire.
[…] La valeur n’est pas esthétique. Une œuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul.
[…] c’est l’âme des moyens de l’art qui lui (Kandinsky) répond dans cette correspondance entre musique et peinture, confirmant la vocation de l’art et son pouvoir […]
(Repris de Regards) « Chaque œuvre naît, du point de vue technique, exactement comme naquit le cosmos… Par des catastrophes qui, à partir des grondements chaotiques des instruments, finissent par faire une symphonie que l’on nomme musique des sphères. La création d’une œuvre, c’est la création du monde. »

Cela m’émeut parce que c’est dans un immense chaos que j’ai créé L’« Opéra-Chansons » WXYZ… Code secret. J’ai réellement vécu une renaissance, une résurrection. Le rapport avec le spirituel est indéfinissable mais il a été nettement ressenti par le public.
Se faire dire être resté absorbé pendant quelques jours par cette présentation ou encore que je dégageais une aura perceptible demeure un immense cadeau autant qu’un privilège. Je n’aurai pas tant oeuvré en vain.

Une question demeure : pourrai-je jamais le représenter ?

Faire oeuvre utile…

Comme dit si bien cette magnifique et touchante chanson de Julien Clerc, sur un texte non moins poignant d’Étienne Roda-Gil, Utile :
« À quoi sert une chanson si elle est désarmée […]
Je veux être utile À vivre et à rêver […] Je veux être utile À vivre et à chanter. »
… Oui, mon plus cher souhait aurait été, avec mon « Opéra-Chansons », faire oeuvre utile…

Au fond, de toute ma vie, ce fut le moteur principal de mon chant, de ma voix, d’une présence sur scène :
Comment voulez-vous gagner un concours avec une chanson comme Des ronds dans l’eau ?!?
J’avais 13 ans… Déjà, j’avais besoin de sens pour me donner le « droit », une vraie raison de chanter.

L’insignifiance, le réchauffé jusqu’à l’ennui, très peu pour moi. Cela n’enlève en rien à la légèreté et/ou la drôlerie d’une chanson. Le contexte fait toute la différence.

Bienheureux sont les artistes qui peuvent avoir à long terme une oreille, un public…

Permettez que je partage ici l’interprétation de la muse de la chanson citée plus haut, la Divine Gréco :

… et d’en pleurer…

Photo Michel Parent

LE RACKET DE LA MORT…

Même les coopératives funéraires n’y échappent pas !
Demain en fin de journée, je descends à Québec pour la cérémonie funéraire de ma mère, pour laquelle elle m’a demandé de chanter…
Croyez-non ou le, IMPOSSIBLE pour moi de voir ma mère dans sa tombe :
C’était cet après-midi pour la famille, 15 minutes, et basta !
Ke-tchik et on passe à un autre appel !
Faites la queue, c’est par ici le corbillard !

Non. Pas d’exposition demain soir pour moi, sinon, faut sortir le cash !
Près de 10,000 $, 4 planches, pour une petite vieille qui ne pesait guère plus que 60 livres, dentiers compris !
Aye ! Une chance que j’ai pu lui faire mes adieux de son vivant !!!

Je suis pognée pour vivre vieille moi itou, ça m’a tout l’air…
J’espère avoir au moins accès à un enterrement vert, même dans le « trou » de mon père, à Ste-Famille, I.O.
Samedi, 14h00, une petite pensée, ça me fera pas de tort !!!

Les lâches…

Il y a quelque chose de mille fois pire que la férocité des brutes, c’est la férocité des lâches. Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 pour son roman Pas pleurer
La citation de la semaine, La Presse, 8 novembre 2014

Oui, la « férocité des lâches » ! Et croyez-moi, ils courent les rues et ne portent pas tous des armes.
Leurs armes sont bien cachées mais tout aussi vilaines et malicieuses. Qui n’en connaît pas quelques-un-e-s qui vous auront fait la « cour » ?
« Celui-là l’aurait tuée, qu’il ne lui aurait pas fait plus mal ! » Fantasme ou Dépendance ? Extrait de mon album WXYZ… Code secret, un « Opéra-Chansons ».
Je n’ai pas écrit ça pour rien… Un Code secret qui se prolonge…

En ce jour de deuil international (re: Charlie Hebdo), désolée d’être aussi opportuniste. Un drame qui fait remonter la colère…

R.I.P.

Pour toutes ces femmes…

Je dédie TOUTES mes chansons en mémoire de cette malheureuse tragédie du 6 décembre 1989 et à toutes les victimes co-latérales.

Pour ne pas oublier :

Bonne journée…